Pourquoi est-ce que je souffre en secret d'un si grand sentiment d'indifférence ? C'est seulement un sentiment, car objectivement je ne crois pas souffrir d'indifférence. Ceux qui m'aiment expriment au maximum ce qu'ils peuvent. Cependant, cela ne me suffit pas et tend même à créer en moi une frustration telle que tout mon être en est désolé.
Est-ce que je désire trop ? Est-ce que je désire trop ? Est-ce que je veux et n'arrive à rien ? Il n'y a que dans le Seigneur que ma frustration se transforme en joie. Ailleurs, c'est une désolation. À travers cette joie, je désire la partager et je me tourne vers chacun de ceux qui m'aiment, mais cela ne donne rien. Mon âme a soif de Toi, et comme j'aimerais offrir à ceux que j'aime cette boisson rassasiante et vivifiante ; du plus profond de mon âme et par un regard, nous savons que nous sommes unis par le même Dieu, par la même eau vive, et que de l'un à l'autre, tous s'émerveillent pour exalter et louer le Seigneur.
Mais cela n'arrive pas. L'indifférence dont je souffre est de voir celle faite au Seigneur. Je suis si triste de tant d'indifférence envers Celui qui nous célèbre et veut nous honorer pour Sa gloire, qui est le seul bien, le seul chemin d'éternité.
D'un simple signe de croix, je deviens ridicule aux yeux des impies et insipide aux yeux des fidèles. Je me tourne partout, mais personne ne voit, personne ne veut comprendre ni même chercher. Au cœur du monde, ma solitude est totale ; au milieu de plusieurs, je suis seul ; en communauté, je vois plus d'habitudes que de piété. Tous semblent se dérober, ma réalité est aussi fuyante que les rêves. Plus on cherche à s'en souvenir, plus ils s'éloignent.
Si je parle de la gloire de Dieu en famille, je perds leur attention, et quand je vois les louanges de ceux qui croient, ils me font peur, car en toute chose je cherche la substance de Dieu comme un affamé et je ne rencontre personne qui a la même faim.
Je ne fais rien, je n'obtiens rien. J'ai une vie toute ordinaire et dans ma solitude, je rêve d'être un formidable combattant pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, dans une France reconquise, libérée des lâchetés des dirigeants et des défaillances des hommes à la foi perdue. Mais ce doit être simplement mon ego et ma soif naturelle de reconnaissance qui fait monter en moi ce désir, le grand désir d'un fils de Roi, prêtre et prophète, un baptisé en somme.
Comment quelqu'un d'aussi faible pourrait-il réaliser une telle conquête, aussi vaste, celle qui obtiendra la libération d'un si grand nombre, si proche d'une condamnation éternelle ?
Les enfants maudissent leurs parents, les anciens sont parqués dans des déchetteries pour satisfaire les besoins de distraction et de plaisir de leurs enfants égoïstes, qui ne supportent pas la déchéance de ceux qui leur ont donné la vie.
Le pouvoir absolu de l'argent a détruit le droit absolu du Roi de protéger et de garantir la sécurité des peuples qui lui sont confiés. Les peuples s'éduquent mutuellement à la prostitution et à la corruption, jusqu'à corrompre leurs propres enfants.
Un jour viendra où le cri de la terre et de ses enfants ébranlera les cieux, et il n'y aura plus de marche arrière. Le bien sera séparé du mal dans l'éclatante puissance du Créateur.
La violence de ce qui s'abattra sur l'humanité ne découlera pas de la colère de Dieu, mais des horreurs que les hommes auront commises. Enfin, chacun, confronté à cette réalité, poussera des cris et des clameurs terrifiants, surtout ceux qui auront vécu et péché avec une grande indifférence envers Dieu, avec obstination et rébellion.
Certains parlent d'un grand monarque, d'un homme caché et choisi, armé d'une foi profonde et rare, animé par l'amour de la France pour une nouvelle France. Il sera doté de talents uniques, de capacités jamais réunies en un seul homme, ce qui lui donnera une grande confiance et une aura pour entraîner le peuple dans un combat pour la gloire et la paix.
Comme j'aimerais œuvrer avec lui pour cette cause, qui est aussi la mienne, même si ma vie et ma force sont ridicules, mon cœur vibre à cette idée. Pourtant, je me sens diminué au gré des événements de la vie, et je ne vois pas de solution à la passivité de mon existence, bien malgré moi.
Mon état ressemble au désert du Néguev, à ce désert chaud, sec et vide. Un endroit que l'on veut oublier, car il n'y a rien, alors que notre cœur recherche la plénitude. Pourtant, je ne fais que errer, seul au milieu de tous, les yeux avides de ce qui est bon et juste. Je ne comprends pas cet abandon, Seigneur. Que veux-tu de moi ? Comment accomplir ta volonté ? Toi, mon trésor dans ma pauvreté.
Rien ne sert de pleurer, toutes mes larmes salées, douces et lentement accumulées, plus amères que l'amertume. Elles inondent mes entrailles et débordent. À quoi me sert-il de m'enfoncer intérieurement, de me remplir avec patience ? Fais sortir de moi mes eaux de souffrance, et que, après l'eau des larmes, vienne le feu de l'Esprit.
Ami de la fidélité et respectueux du droit.
