vendredi 27 juin 2025

Tout seul

Tout seul


Autour de moi,
je vous vois.
J’entends vos rires
et je sens la fumée.
Rien n’est pire
que de se sentir abandonné
au milieu de vous.
Vous ne savez pas encore
que vous êtes condamnés.

Vous pouvez tout me dire,
me consoler,
me faire un câlin,
m’exposer vos arguments du bonheur —
mais rien n’y fait.
Je suis seul entre vos mains,
et contre moi, vous ne pouvez rien.
Je suis un orphelin de cœur,
insensible à votre malheur.

Saviez-vous
que rien ne peut me ranimer,
rien ne peut me ramener,
ni homme ni femme
pour me consoler ?
Je suis consacré,
mis à l’écart.
Vivre, c’est gémir,
profiter, c’est pourrir.
Le jour de ma naissance
me fait sourire —
je le pleure chaque soir.
Mais j’ai en moi
la chronique du pire,
la folie du désespoir.

Pourtant, je sens que des forces
grandissent en moi,
pour être prêt
au jour où Il reviendra.
Mais quelle souffrance
que de s’arracher
aux convenances,
aux pensées toutes faites,
renoncer à soi-même —
ce qui vous apporte
tant de confort.
Cette fausse tranquillité
vous fera mourir de peur
face à la vérité.

Toutes les femmes sans hommes
prennent des notes
pour prouver qu’elles ne sont pas sottes.
Elles oublient juste la liberté,
celle de leur propre pensée.
Elles n’ont pas confiance en elles,
malgré l’assurance qu’elles affichent.
Elles sont fragiles,
et leurs audaces les brisent.
Elles n’aiment pas la vérité :
trop de discussions
les ont empoisonnées.
Impossible pour elles de comprendre,
impossible pour elles de ne plus plaire.

vendredi 20 juin 2025

Les Lys Blancs

Les Lys Blancs




Il y avait, au milieu du champ,
un carré de lys blancs
entouré par des blés dorés,
gorgés d’un soleil brillant.
Les bruns dansaient au vent.

Mes yeux se réjouissaient,
et mon esprit s’étonnait :
ce carré parfait, dans ce champ,
était aussi droit que surprenant.

J’entrai donc dans le carré blanc.
Les épis de blé frémissaient.
J’arrivai au centre du champ,
et j’y étais du plus bel effet.

Les lys
dessinaient une frontière pure.
Tournant sur moi-même,
les cheveux au vent,
je caressai les pétales royaux,
ligne droite et angle droit,
avec un sourire d’enfant
et le sentiment
d’être enfin chez moi.

Quel songe étrange :
le ciel était bleu-vert,
aussi tendu qu’un écran.
Ce plafond de turquoise
m’enlevait toute pâleur,
à moi
qui n’étais jamais à l’heure.

Cependant, il y avait au loin
le mugissement d’une foule.
Leur ciel était de soufre rouge —
pas des pleurs, mais des hurlements.

Mon sourire ne disparaissait pas.
Dans le carré blanc,
il y avait la sagesse,
et, à ses côtés, le droit et la justice.
Si bien que je n’étais pas effrayé :
tout était juste et droit,
rempli d’intelligence et de sagesse.

C’est comme entendre
une chanson pour la première fois,
et être convaincu
de l’avoir déjà entendue —
comme si un refrain avait précédé la chanson.
Mais que vont devenir ceux là-bas ?

À cette pensée, les lys ont changé :
ils sont passés de blancs scintillants
à rouge sang, se flétrissant lentement.
Le vent dans mes cheveux devint plus ferme, plus soutenu.
Une force me quittait,
et une autre venait.

Le ciel s’assombrit pour se fendre de quelques éclairs,
aussi fins que des racines de potager,
des éclairs en forme de capillaires,
des cheveux de feu qui augmentaient.

Il n’y avait plus les cris lointains,
et le rouge crépuscule était noir —
une obscurité affamée
venue dévorer les égarés.
Mon carré, comme un fort de Vauban,
me gardait en lieu sûr. Et aussitôt,
il y eut un combat sur la terre et dans le ciel.

De mon point de vue, les ténèbres se dispersaient,
et elles furent toutes détruites.
Soudain, des parfums merveilleux et inconnus
se répandaient dans le carré,
où les lys étaient encore plus grands,
plus blancs et plus lumineux.
Ils se répandaient autour, dans le champ :
les blés, les épis, tout ce qui vivait
fut purifié et blanchi,
si bien que moi-même,
j’étais devenu comme les lys,
d’une blancheur purifiée par la sagesse et son maître.

Je n’avais aucun mérite,
et j’étais stupéfait.
Mais le Créateur de tout l’avait voulu ainsi.
Alors je compris enfin pourquoi ma vie
fut si insignifiante et privée de joie,
de consolation,
n’attendant plus rien de personne.

J’avais été façonné pour ce moment de grâce,
qui est message d’espoir
pour tous les affligés.

mercredi 11 juin 2025

Et si le désir...

 




Et si… le désir 

Un désir monte en moi et j'en suis tout étonné. Il ne vient pas de ma tête ni de mon cœur, mais de mon ventre. J'ai dans les entrailles un désir grandissant d'aimer et d'être aimé, pour me révéler tel que je suis, en prenant femme dans le mariage et en ayant des enfants de cette union miraculeuse. Comment trouverai-je la femme parfaite pour qui je serai l'homme parfait, tel que Dieu l'a voulu pour nous ?

Ce désir considérable, aux conséquences immenses et avec une prise de risque totale, n'était pas présent en moi il y a encore quelques semaines, même quelques jours, ni même depuis plusieurs années. J'avais des pensées éparpillées ; souvent, dans la rue, je voyais passer sous mon regard des femmes, des couples, ou des couples avec enfants, et comme je les enviais — alors qu'en moi je n'avais que de l'indifférence. Je pensais être pour toujours étranger à ces sentiments. Je me persuadais que mon indignité et ma vie piégée m'avaient exclu de cette réalité de l'amour et de la famille. Jamais je n'avais eu ces sentiments. Tandis que tout mon être s'effondrait dans une solitude amère, hurlant en mon âme, incapable de lui montrer autre chose que de la détresse.

Aujourd'hui j'ai une telle conviction, sans aucun fondement, que cela va arriver, que mes douleurs ont cessé. Comme si, enfermé dans l'hiver d'une vie glacée, j'apercevais enfin les premiers rayons du printemps, clairs et chaleureux, dans mon espérance blessée. Même écrire en ce moment les détails de cette étrange expérience me donne un réconfort incroyable.

Si je mets tout mon espoir dans cette prophétie, j'aurai beaucoup à souffrir si, de Paray-le-Monial, je revenais sans l'avoir trouvée. Pire encore : être passé près d'elle sans la reconnaître, incapable d'aimer. Est-il possible de la chercher ? Je ne crois pas. Je pense qu'il m'est nécessaire de continuer à abolir ma volonté et de mettre toute ma confiance dans la Providence — elle doit être mon seul guide pour réaliser ce désir. C'est elle qui la mettra sur mon chemin, ou pas.

Quand j'ose, quand j'ai l'audace de réaliser que cela est mon avenir, je suis transporté avec douceur vers une paix qui atténue mon anxiété, mon angoisse et l'inquiétude jumelle qui me tient en dessous de tout. C'est tellement bon que j'en ai le trac. Je ne sais rien en vérité, c'est ma prière. Mon Dieu est souverain, il exauce qui il veut, et cette étonnante prière me fait déjà beaucoup de bien — mais quelle est ta volonté, Seigneur ?

Alors je compte les jours, tout en sachant que de Paray-le-Monial je peux revenir toujours aussi seul, avec les mêmes problèmes, les mêmes tourments. C'est le mystère de ma vie. Mais comme j'aimerais la vivre, cette vie, avec quelqu'un pour qui je serais enfin moi-même, et être aimé pour cela — et faire d'elle la plus belle des femmes, la femme parfaite.

J'écris ces lignes dans l'espoir de ne pas faire d'erreur, mais ce sera un témoignage de la miséricorde de Dieu si ce miracle se réalise à Paray-le-Monial, du 16 au 25 août.

J'essaie de me souvenir comment ce désir s'est construit. Après avoir eu un grand dégoût de ma vie, avec une grande agitation intérieure, j'ai fini par abandonner le pourquoi, et je me suis dit que je devais faire confiance — mais je voulais une contrepartie. Seigneur, je te donne ma volonté, mais toi, agis dans ma vie. Si bien que je fais mon chapelet tous les soirs depuis plus d'un mois. Dans mes lectures du soir, je suis tombé sur David, Salomon, la Sagesse et Siracide 26,13, ce texte bouleversant sur la femme parfaite.

Il y a un mois, j'ai aussi dit au Seigneur : « Je détruis tout ce qui me rattache à Stéphanie », mon premier amour, qui avait envahi mon cœur et laissé une épine si profonde que j'ai mis 35 ans à m'en rendre compte et à la retirer, pour laisser mon cœur tout entier libre au commandement de mon Dieu. Et j'ignorais que cela allait faire monter en moi cette supplique de vouloir une femme et d'avoir des enfants — à la condition qu'elle soit la femme parfaite, c'est-à-dire prudente, dévote, douce, rieuse et intelligente, supérieure à moi socialement, ainsi que chaste et pudique, magnifique et féminine, faisant la joie de son mari, dont elle recevra aussi tout ce dont elle a besoin pour s'épanouir en femme parfaite — aux yeux bleus ou verts, brune ou blonde, heureuse de vivre et généreuse.

Ma promesse pour le Seigneur, c'est de la rencontrer grâce à lui et de rester chaste jusqu'au mariage, comme offrande d'obéissance et dans un consentement volontaire.

J'écris cela pour passer un contrat avec mon Seigneur : si telle est sa volonté et que j'ai son approbation, je veux être digne du miracle qu'il a prévu pour moi. Je présenterai ce texte à cette femme pour qu'elle voie ma bonne foi et que son cœur reçoive les réponses à ses doutes, si elle en avait.

Cependant, si j'ai ce désir et s'il est bien de Dieu, alors je suis convaincu qu'en ce moment elle a le même sentiment, avec la même disposition, et que sans nous connaître, nous sommes déjà ensemble sur le chemin que le Seigneur a tracé pour nous.

Espérons aussi que nous pourrons mettre à contribution tous nos talents pour être des serviteurs de la charité, que notre amour rayonne pour inspirer, et que ceux qui nous verront se disent : « Voilà un couple chrétien. » Que chaque matin nous nous disions : « Faisons d'aujourd'hui un jour meilleur qu'hier. »

Ensemble.

Amen

PFES


C’est trop dur seigneur

  Oh Seigneur, sous ton regard tu me vois, et tu sais combien c’est difficile pour moi. Plus il y a de soleil, et plus j’ai peur de sortir. ...