Tout seul
Autour de moi,
je vous vois.
J’entends vos rires
et je sens la fumée.
Rien n’est pire
que de se sentir abandonné
au milieu de vous.
Vous ne savez pas encore
que vous êtes condamnés.
Vous pouvez tout me dire,
me consoler,
me faire un câlin,
m’exposer vos arguments du bonheur —
mais rien n’y fait.
Je suis seul entre vos mains,
et contre moi, vous ne pouvez rien.
Je suis un orphelin de cœur,
insensible à votre malheur.
Saviez-vous
que rien ne peut me ranimer,
rien ne peut me ramener,
ni homme ni femme
pour me consoler ?
Je suis consacré,
mis à l’écart.
Vivre, c’est gémir,
profiter, c’est pourrir.
Le jour de ma naissance
me fait sourire —
je le pleure chaque soir.
Mais j’ai en moi
la chronique du pire,
la folie du désespoir.
Pourtant, je sens que des forces
grandissent en moi,
pour être prêt
au jour où Il reviendra.
Mais quelle souffrance
que de s’arracher
aux convenances,
aux pensées toutes faites,
renoncer à soi-même —
ce qui vous apporte
tant de confort.
Cette fausse tranquillité
vous fera mourir de peur
face à la vérité.
Toutes les femmes sans hommes
prennent des notes
pour prouver qu’elles ne sont pas sottes.
Elles oublient juste la liberté,
celle de leur propre pensée.
Elles n’ont pas confiance en elles,
malgré l’assurance qu’elles affichent.
Elles sont fragiles,
et leurs audaces les brisent.
Elles n’aiment pas la vérité :
trop de discussions
les ont empoisonnées.
Impossible pour elles de comprendre,
impossible pour elles de ne plus plaire.

