Pourquoi ?
pourquoi ma vie est-elle comme ça ?
Pourquoi chaque jour est-il si difficile ?
Pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Pourquoi dois-je rester seul ?
Pourquoi ne vois-je que mon impuissance
et mon incapacité chaque jour ?
Tu me demandes de l’espoir,
mais je n’ai plus de force.
Tu disais à Josué :
« Sois fort et prends courage »,
mais je n’ai ni l’un ni l’autre.
Je suis totalement détruit…
Ma seule option, c’est d’attendre la mort ?
Pourquoi me garder vivant
dans toute cette incompréhension qui m’écrase ?
Je n’en peux plus.
Si tu savais…
J’avais pourtant un cœur de lion,
pour être ton champion,
prêt à tout —
et rien n’en est sorti.
Me voilà chômeur, handicapé,
piégé avec quelqu’un qui est malade,
un psychopathe ?
C’est quoi ce délire ?
Crier, je ne peux plus.
Je suis à plat.
Je vois le temps qui s’en va,
ma face me dégoûte,
et je vieillis sans aucun doute.
Tout ce qui est réel me démolit
encore et toujours.
Pourquoi m’as-tu abandonné
sur le banc de touche,
à l’endroit où l’on envoie
ceux qui ne servent à rien ?
Comme c’est cruel.
J’ai l’impression de me faire manger
par un fauve, bouchée après bouchée,
lentement,
à décortiquer ma chair
se déchirant de mes os,
sans que je n’y puisse rien.
Je suis complètement à ta merci.
Peut-être que cela te plaît
de me laisser ainsi,
pour des raisons qui m’échappent.
Je souffre le martyre…
Mais que puis-je contre ta volonté ?
Oui, la mienne, aujourd’hui, est abolie.
Mon intelligence et ma volonté
se sont éteintes,
n’ayant plus aucun carburant,
plus rien à consommer,
tant tu m’as consumé.
Alors je me hais.
Je me déteste.
Je n’ai plus rien,
et c’est trop dur.
En un autre temps,
je me serais organisé pour mourir,
si déprimé et seul,
face à cet abîme.
Mais je n’en ferai rien,
car le peu de courage et de force
qui me reste,
je m’en servirai pour obéir
et te faire confiance,
même si tout me semble perdu.
Malheur à moi.

