Je reviens de Pologne où j’ai assisté à une journée de célébration avec le Pere Lukas Prausa, à Ruda, au lieu d’apparition de la Vierge (quand? Je n’ai pas d’info) à côté de Sieradz et Lòdz.
8:45 chapelet de miséricorde jusque midi en plein soleil avec une température qui ira jusque 33 degres.
12:00
Voilà qu’il arrive sur le lieu de célébration après 3 heures de prière dans cette chapelle en plein soleil et avec environ une centaine de personnes.
Il se place dans un petit coin, s’agenouille et joints ses mains, avec des gestes lents et doux, il est en retrait s’appuyant sur l’estrade, c’est là que je vois ses mains nues et ces tâches assez grandes, sur chaque main, faisant comme une croute brune, avec des bords ressemblant à des coulures de sang figés.
Un bouleversement en moi me surprend car il est évident que je n’ai pas devant moi un farfelu, un faux mystique ou une idole, mais plutôt un serviteur souffrant qui par moment à l’apparence de quelqu’un comme sonné, sidéré de lui même, de sa charge et de son humilité qui le disqualifierait si il n’avait pas la grâce. De tout le temps où j’ai pu l’observer, son visage était constant, froid, fermé, parfois exprimant une douleur subrepticement, en pinçant ses lèvres ou en fermant un œil et jamais je ne l’ai vu sourire, vraiment
Donc le Père Lucas Prausa, le bon berger près de l’estrade avec l’autel installé dessus, se déplace lentement, je le fixe pensant trouver une expression ou même croiser son regards les yeux fixés sur son visage mais pas de paillettes pas d’effets spéciaux, je vois que c’est quelqu’un qui porte en lui une forte douleur, et permanente, lorsque quelqu’un est souffrant ou malade il y a comme un masque sur lui qui fait deviner ce qu’il veut cacher, la dignité humaine d’un homme droit favorise toujours le besoin de faire bonne figure quand ça ne va pas mais au milieu des biens portant on le remarque de suite. Le contraste nous interpelle, du moins c’est ce que moi j’ai ressenti vivement, je l’ai fouiller du regards mais c’est moi qui me suis découvert, pas brillant, prétentieux, arrogant et désinvolte, est ce que je croyais venir à une fête ?
Peut être, mais la seul vue spontané du prêtre m’a recaler dans un respect dont je n’était pas habité en venant à cette célébration, j’ai commencé à avoir un peu honte de ma non chalance, merci, j’étais aveugle par mon désir de sensationnel et j’ai été touché par son authenticité pénitentielle.
Cette douleur ne l’empêche pas de faire ce qu’il a à faire mais elle lui rends tout beaucoup plus pénible,
je le vois et je le sens, comme tous ceux présents d’ailleurs.
Cela me donne beaucoup de peine, pas de tristesse, mais sa douleur me renvoi à ma propre experience de souffrance accompagné du désarroi de l’impuissance, alors une profonde compassion pour lui s’empare de moi et personne ne peux l’aider car il vit librement et pleinement cette épreuve,
seul, avec persévérance et confiance pour le bien d’autres personnes que lui c’est cela un sacrifice.
Tout au long de cette lourde, chaude et écrasante journee j’ai vu un homme endurant qui endurait avec une réelle pudeur, à la consécration il élève et fixe l’hostie pendant 3 mn pareil pour l’élévation du sang du Christ, le temps s’arrête, le vent, les oiseaux, les insectes font entendre leur présence en suspens, dans l’attente d’un AMEN.
Ce fait est en totale contradiction avec les évidences du monde présent
qui veut tout montrer tout savoir, pour nous convertir à une adoration de nous même, de l’argent, de la force pour dominer, l’orgueil, la vanité, le mensonge, les insultes, l’ hypocrisie par le moyen de l’abrutissement (substitution du consentement)
Là, chez le père Lucas Prausa, j’ai vu comme un enfant, comme un agneau, un pasteur fidèle qui s’applique et se donne dans une intime souffrance pénitentiel avec Jesus pour le bien du peuple.
Les prières, les chants, la dévotion expriment une présence fidèle de ce que je connais de la foi chrétienne et observer son obéissance est un enseignement en lui même, et je pense que c’est pour cela que j’ai eu compassion de lui car j’ai fait face à mes propres imperfections ou incohérences en contemplant son abnégation et de son indiscutable souffrance quand parfois nos certitudes isolent notre liberté !
Lors de la communion une femme à genou, attendant la sainte pastille, reçois l’ostie et subitement, de sa main gauche, tenant un objet, touche assez brutalement la main droite stigmatisé, du pretre, pour assouvir son désir de créer une relique ou obtenir une bénédiction particulière par ce moyen.
Or, a t elle a peine touché le stigmate brun du Pere, qu’il retire brièvement sa main aussi vite que si elle avait été passé au feu, avec un petit gémissement de douleurs (haï) et une grimace malheureuse.
J’ai vu alors que les stigmates semblaient coagulés sur leur contour et plus on se rapproche du centre du stigmate plus il s’éclaircit passant de brun à rouge carmin, rouge foncé, rouge, rose foncé, rose, rose pâle et blanc comme la peau sous une ampoule de pied quand on enlève la membrane superficiel. et transparente.
C’est ce que j’ai vu, pourtant a d’autre moment en les regardants à nouveau l’aspect avait apparement changé, étant brun en totalité surtout à l’extérieur d’une certaine épaisseur d’environ 3 à 5 mm
La messe dure 3h autant dire une éternité pour le paroissien moyen qui a des messes de 30 mn en semaine et d’un peu plus d’heure le dimanche.
Elle peut se découper ainsi, chants d’entrée, lecture psaume évangile puis viens l’anamnèse, la consécration des hosties, moment où le pain deviens corps et présence réel du Christ.
A ce moment là on voit le père, avec des gestes remplis de respect et d’une grande lenteur, élevé l’hostie la fixer profondément avec un visage très neutre laissant apparaitre une évidente souffrance qui agis en lui,
on dirait qu’il est a genoux sur des bris de verres, les genoux écorché et douloureux, mais il faut tenir, ce qui nous rappelle que ceux qui seront sauvé auront tenu jusqu’au bout.
Mais il n’exprime rien, seulement la dévotion, et de le voir ainsi on est aimanté, on veut avoir cette même dévotion, on est attiré à comprendre que l’attitude du Père Lukas est la bonne attitude :
celle qui plait à jésus.
Chaque élévation dure 3mn chacune pour le pain et pour le vin.
Ensuite, après le notre père et la paix du christ, il descends de l’estrade, devant environ 200 personnes mi ombre mi cagnard, et je comprends rapidement qu’il est seul a donner la communion.
Le christ lui aurait dit qu’il voulait que l’on donne la communion à genou et dans la bouche de la part exclusive des Prêtre, ou consacrés (à vérifier)
Donc le voilà donnant le corps du Christ en partage, un par un , personne après personne,
vie après vie, certain après la réception surtout des femmes sont bouleversées, certainement qu’elles reçoivent le Christ dans un corps brisé et un esprit abattu.
Ces manifestations sont bouleversantes car il y a autan de pudeur que de surnaturel.
Il est descendu côté droit du podium avec les hosties, dans un très grand calice, c’est ainsi que l’assemblé qui connait déjà les règles et coutumes du Pere Lukas, les personnes commencent à se placer le long de l’allée centrale faisant comme un haie d’honneur.
De part et d’autre de l’allée centrale créant une ligne continue avec derrière une 2eme et une troisième ligne parfois, et donc le pretre remonte l’allée sur le cote gauche, donnant à ceux de la 1ère ligne le corps du Christ
ayant reçu la sainte hostie ils se retirent et laisse leur place a ceux de la 2eme ligne, qui attendront que le pere ai fait tout le tour pour communier.
Pour beaucoup cette attente se fait à genou.
Moi évidemment je n’avais ni appris ni compris, je ne savais rien hormis que je devais communier à genou et dans la bouche.
Ce que je fais déjà en paroisse depuis 5 messes seulement.
Donc je quitte ma place, je regardes, il y a déjà un paquet de monde devant l’estrade où j’étais assis, alors j’essai d’aller a l’opposé, au pied de la croix du Christ, tout en haut du parcours, quasiment à l’entrée du lieu où se regroupaient les retardataires, il faut se souvenir, que je suis trempé, ca fait 5h que je suis sous un soleil de 33deg et que je me sens au bout de mes forces et animé par la joie de communier, c’est alors que je réalise, « tu te plains déjà, tu n’as pas vu le père ce qu’il supporte en silence pour le service de jésus et des fidèles, il subit la même chaleur que toi, il est au service de toute cette organisation pastorale, il a son lourd vêtement de prêtre et on lui essuie le front chaque minute et en plus il porte les souffrances imposées par les stigmates ! », oui vraiment je me suis senti ingrat et prétentieux, alors je prie en moi pour communier.
J’arrive en haut, enfin je me faufile et je suis en deuxième ligne, il arrive, je sent ça grande ombre blanche s’approcher, entouré des servants d’autel, il donne a droite, il donne a gauche, puis continue a gauche, m’éclipsant solennellement, il s’en va, j’ai la tête tourner et je ne vois plus que son dos, il est passé et s'en va.
Bon ben
J’ai pas communié,
je me dit c pas grave c rien , mais en vrai je suis un tantinet vexé jusqu’a ce que je comprenne qu’il ne donne qu’au premier rang, donc ce n’est pas à cause de moi mais de mon ignorance car c’est leur tradition.
Je m’étais dit : te poses pas de questions fait tout comme tes voisins ,
tout pareil !
Donc je me réarme, je trouve a nouveau une place, qui me parait être un premier rang bis (de mon invention), et bien rebelotte, à nouveau les hosties passent devant moi sans même une hésitation, et je perçois à nouveau chez ce prêtre, ce pasteur, ce berger, avec quel délicatesse, répétée et fidèle il délivre le corps du christ vers chacun de nous pour nous apporter le salut du christ dans une main compatissante et tendre parceque etranglé de douleur tandis que l’on voit qu’une grande blessure est en lui et sur lui, c’est beaucoup de respect dans un tel moment.
Mais je n’ai toujours pas communier.
Je dis « Seigneur tu es trop fort tu veux que je te désir plus encore pour pouvoir demeurer en moi », alors je retourne au pied de la croix tout en haut de l’assistance et là évidement je trouve une place facilement puisque beaucoup ont déjà communié, il me fallait attendre mon tour, il est venu seulement quand j’ai fait taire ma volonté on peut même dire égoïsme,
si bien que voici, j’entends les mots prononcés avec répétition à 2 mètres pour chaque communiant : « Corpus Christos » et le pain de vie est venu nourrir mon coeur dans une nuit caniculaire où toutes les difficultés ou impatience ont tourné court car j’ai vu un serviteur souffrant, à ma façon aussi j’ai peiné
et j’ai reçu la vie, je l’ai senti s’approcher précédé par un léger souffle rafraîchissant, tel l’ombre blanche, avec lenteur et douceur.
Tandis qu’on lui essuyait son front envahi de grosses gouttes, par son dévouement il s’oubliait lui même ; qui suis je pour me plaindre quand des hommes et des femmes subissent des tourments des blessures qui paradoxalement attirent le salut sur d’autres âmes inconnus et ainsi adoucissent la colère de notre Dieu blessé par l’ininterruption des outrages de ces enfants ?
Je suis venu voir un Prêtre et j’ai vu la vertu
Je voulais voir ses stigmates et mon coeur fut saisi de douleur
Je n’ai pas pu l’approcher mais je suis rentré en France avec un peu de lui
Je pense qu’il a besoin de nos prières car l’ambition de Jésus sur lui
semble si lourde qu’il est indispensable qu’il tienne bon.



