Je n’aurai jamais dû naître
Ma vie est une imposture, un gâchis monumental.
Personne ne sait que j’existe, chacun prend soin de me tenir à bonne distance comme si j’étais une menace.
Si ma grande sœur était voulue, ma naissance à moi est une erreur, je n’aurai pas dû vivre, grandir et me perdre pour finir seul dans le fond d’une impasse.
Qu’est ce qu’une vie comme la mienne, à qui ai je fais du tord pour mériter ce cauchemar ? Personne ne me soutient, pas d’amis, une famille inconnue pour qui je suis un souvenir déjà oublié.
Ha quand je serai mort, ils pleureront se lamenteront, mais qu’ont ils fait ?
Ma vie est pourrissante, déjà elle sent. De mes membres on entends les craquements, mes viscères grognent du malheur de ma vie et ma peau se fige, grise comme la pierre.
Ai je un jour été vivant? Je tente de sortir ma tête de l’eau boueuse mais toujours une main forte me replonge dans les immondices de mon âme trahie tourmentée par la sidération. Je perds mes forces à me débattre mais je vais abandonner.
Qui peut sauver quelqu’un qui est déjà mort ?
Ils vont m'ensevelir, personne ne peut rien pour moi, et je suis le dernier à me faire des cadeaux, j’ai le dégoût et la haine de moi, ce que je suis devenu,enfant je rêvais d’aventure me voici dans un caveau dans lequel je me débat.
Le Seigneur permet cela même si c’est incompréhensible, je ne reçois rien de mon prochain, mon prochain ou mon dernier, pas un seul ne se soucie de moi, je vaux moins qu’une mouche.
Je m’agite contre une paroi invisible, je ne peux pas entrer à l’intérieur, là où se trouve le bonheur, et je m’épuise dans des bourdonnements infernaux, le bonheur est là devant, tout proche mais je n’y ai pas le droit,
Seigneur viens , prends ma vie, donne là à ceux que tu aimes et qui te plaisent car je pense que je ne suis ni l’un ni l'autre, juste une erreur et pas un juste.
J’en peux plus si tu savais.
J’en ai plus que marre d’avoir l’impression d’être un bébé, dépendant pour tout,
criant vomissant dormant mangeant sans être capable de parler mais avec un regard assoiffé.
Je suis vraiment étranger à la joie de la vie, ma vie est utilisé par d’autres pour qu’ils obtiennent ce qu’ils veulent, pour eux même sans aucun lien avec mon existence.
Peut être le Seigneur veut il que je sois vidé de moi même, que mon être soit totalement détruit.
Si cela permet qu’il se fasse une place en moi alors je suis d’accord, mais c’est très dur mon Dieu, fais de moi ce dont je ne suis pas capable.
Toi qui peux l’impossible, fais de moi un impossible et que tous mes cauchemars se bouleversent en grâces pour ton serviteur.
Mais toi seul est souverain, donnes moi ce que tu veux, dis moi ce que tu veux, grandis moi par ta force et libère moi par ta miséricorde pour que je devienne un instrument de ta volonté, moi qui voulait devenir qui je suis, si c’est toi mon être, je te donne tout et qu’il me soit fait selon ta volonté.
