mardi 9 décembre 2025

Est ce que quelqu’un peut m’expliquer

 






Est ce que quelqu’un peut m’expliquer

Je veux bien tout, mais rien que je ne comprenne.
Mon intelligence est un fourre‑tout, mais ma conscience la surveille.
Comment est‑il possible que mon âme, en sa mort, résiste à toutes les peines que ma chair supporte, sans un mot que je ne comprenne ?


Je suis sauvé, mais je ne suis pas sauf.
J’ai pleuré, mais toutes mes larmes sèchent dans une solitude silencieuse, sans pourtant m’aider à comprendre que tout est perdu tout en croyant avoir trouvé la vertu.
Je ne peux plus comprendre les paradoxes, car j’en suis devenu un.


J’ai souffert les infos et les intox comme on voit partir sur la route un chien.
On ne lui donne pas longtemps à survivre, car il court au milieu des dangers ; sans prévenir, dans un bruit sourd, il sera écrasé.


Ma ruine m’écrase chaque jour, pas comme ce chien.
Je suis moins qu’un chien, car sur moi s’est écroulée toute une vie sans danger, sans autre réalité que celle qui vous tue dès le matin.
Et le soir venu, je me dis : « Je suis encore là. »
Mais pourquoi, mais pour quoi ?


Comme une voiture qui passe quarante ans dans un garage à rouiller et pourrir dans le parfum des plastiques nauséabonds, un jour elle sortira de là, et son moteur, qui ne faisait aucun bruit, rugira dans un nuage de poussière noire pour enfin s’en aller sur des routes incertaines, mais libre sous le ciel éclatant d’une jeunesse perdue.
Elle s’arrêtera pour emmener ce chien loin de chez lui, loin des soucis, trouver enfin un peu de repos, un endroit où l’on n’a plus la faim qui vous ronge les os.


Je vaux moins qu’un chien, et je me tourmente pour un rien.
Mon esprit a quatre pattes pour courir en cercle et revenir au point de départ sans jamais atteindre ce pays qui m’a vu naître.
Je voudrais ne plus être, ou alors être un chien pour qui l’on s’inquiète parce qu’il s’est jeté sur la route ; quand moi, sans soutien, je reste prisonnier de mes doutes, ce chien reçoit plus de compassion qu’un moribond comme moi, que personne ne voit, que personne ne sait lire.


Un chien est un bon compagnon, mais moi aussi.
Un chien revient toujours à la maison, mais moi aussi.
Plus le maître est con, plus le chien est fidèle, mais moi aussi.
Mais un chien ne peut pas monter une échelle, ni vers le haut ni vers le bas, tandis que moi j’y suis collé comme le fil au pied du funambule dans un vertige permanent.
Sans basculer, je ne sais plus si j’espère tomber ou bien monter ; cependant je ne fais que descendre vers un abîme sans fond que les chiens ignorent, parce qu’eux au moins ne sont pas aussi cons.

Les écrans

  Les écrans Les écrans ne pleurent pas   Quand les messages sont terribles Les écrans ne tremblent pas Ils n’ont pas de peau pour te réchau...