mercredi 22 avril 2026

Les écrans

 





Les écrans

Les écrans ne pleurent pas 

Quand les messages sont terribles

Les écrans ne tremblent pas

Ils n’ont pas de peau pour te réchauffer

Ils sont froids dans nos mains

Rien ne les fait réagir 

aux horreurs qu’ils transmettent 

Au travers de lui, tu te demandes quoi ?

Qu’est ce que je vois ?

Une vérité ou un mensonge ?

Ils nous flattent et la batterie s’arrête 

Comme des orphelins nous sommes perdus quand on ne l’a plus dans la main mais dans nos têtes

Ils disent ni merci ni Boujour

Mais on peut les fixer nuit et jour

La nuit, ils résistent parfois

Mais une seule notification et tu te réveilleras 

Comme un lion

 




Comme un lion


Tous les ans, je passais par les Cirques Pelouse de Reuilly à Paris, 

puisque j'étais leur client et que j'y envoyais les miens. 

Quand j'avais une pause, passant derrière les tentes rouge et or, j'allais voir les animaux. 

J'étais attiré par les cages, supportant la mienne.

Je voyais le lion, son aspect royal, son déhanchement dans cette cage 

me rappelait les rois dont le cœur était rempli de cette sainte rage pour protéger leur royaume. 

Mais ce lion-là, c'est dans les odeurs de pisses et de viande pourrie qu'il tournait sans cesse, 

cherchant une issue, celle de la liberté.

Nos regards se croisaient à chaque passage. 

Nos silhouettes se reflétaient dans nos larmes qui s'agrippaient à la cornée 

pour ne pas tomber et tacher notre orgueil, détruire notre amour-propre. 

Mais parfois une goutte tombait, comme le sang d'une aiguille prélevant un peu de cette vie qui coulait dans nos veines. 

Il était enfermé dedans et moi dehors. 

Je le voyais comme mes espoirs déçus, le héros à terre, le soldat sans bataille. 

Je finirai comme lui, dans deux mètres carrés, à gémir en silence, que l'on me change ma couche avant la nuit, si j'ai de la chance.

Un cœur qui bat comme un robot, qui ne s'embarrasse plus de sentiments, de joie ou d'espérance, 

c'est un cœur qui sonne creux, et son écho fait mal à tout l'ensemble. 

Un arbre qui sonne creux, c'est un arbre mort ; à la première étincelle, il s'embrase. 

Serait-ce par amour qui le puisse ?

Alors le cœur du lion tourne en rond, sans fin. Il a oublié hier, il ignore demain. 

Le centre de sa vie, c'est ce point de gravité sur lequel il s'effondre. 


Tout cela n'a aucun sens.

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