Je réalise quelque chose
Je constate mon désir.
Je supporte ma passion d’aller vers les femmes
pour rechercher leur compassion,
leurs attributs de féminité,
pour pouvoir me consoler,
pour, tout simplement, satisfaire mon égoïsme
pensant qu’il y a un bien pour moi de ce côté-là.
Mais cela me semble vain.
Je réalise alors que Dieu m’a vraiment mis à part,
qu’il m’a réservé pour Lui.
Pour recevoir la sagesse,
il faut se détacher de soi-même,
et donc de ses passions.
Comme celle de la séduction et des femmes,
ce désir de la présence de leurs féminité,
c'est peut-être la dernière de mes passions
un résidu tenace
qui donne à ma chair une peine envahissante.
Je dois me mettre à part de celle-ci,
pour la dominer
et aussi faire de la place au Seigneur.
Car je ne vois pas d’autre raison
à ce qui se bouleverse en moi
que celle de m’avoir réservé
et mis à part pour Lui.
Dans ce cas,
je dois, moi aussi, me réserver
et me mettre à part de tout ce qui peut empêcher
la sagesse de trouver une place en moi.
C’est très difficile, vraiment très difficile
et la montagne à gravir est si haute.
Mais j’aime cet ascencion, grandir,
surtout si la montagne est celle de l'Eternel.
Au pied de la mpontagne, au début
j’ai une grande joie,
inconscient des difficultés de cette escalade.
Mais, aux moments les plus durs,
c’est de toujours rêver du sommet
qui m'emmène à me dépasser, au dela de mes impatiences
et de cette douleur qui ne me quitte pas.
Voilà où j'en suis.
Au fond, j’ignore ce qui m’attend au sommet.
J’ignore les raisons
qui ont transformé en deuil
toutes mes passions, mes désirs et mes rêves.
Je ne sais pas.
Ce n’est que par pure confiance
que je suis ce chemin, aussi pénible soit-il,
étant privé de tout ce qu’un homme désir de la vie.
Jetant mes dernières forces
dans l’espoir de connaître rapidement
le mystère qui bat en moi,
je ressens ma séparation
d’avec tout ce qui doit constituer la vie d'un homme.
Comme si Dieu ne m’avait pas permis
de connaître ces sentiments-là,
ou, si je devais les connaître c'est pour mieux
me les enlever avec violence.
Je me sens comme une graine, sèche et minuscule
dépouillée de tout,
pour être capable de tout ?
Pour qu'aucune passion
ne puisse plus entraver ni ma volonté ni mon intelligence,
et ainsi être totalement au service
de mon Maître jaloux ?
Désormais, sans concurrence,
et librement, je Lui appartiens,
et mon âme est nue entre ses mains
Viens, je suis prêt.
