Qu’est ce que j’attends vraiment ?
La patience ? Mais pour attendre quoi ?
Rien n’est connu et tout est vécu dans l’ignorance.
Des liens m’emprisonnent et résister ne fait qu’augmenter la douleur.
Quand le temps est si lourd la douleur envahit tout en silence. Les cris sont des soupirs les hurlements des sourires.
Être seul dans une forêt humide et froide est commun à une âme qui n’espère plus rien pour elle même.
J’attends le matin ou quand viens le soir je ne sais plus ce qui commence et ce qui fini, je suis immobile et absent à moi même.
Qui suis je face au temps, par lui tout est réglé mesuré calculé et en moi même c’est tout le contraire il n’y a que désordre dispersion et vapeurs.
Même souffrir semble irréel malgré ses traces sur moi, les écorchures de l’indifférence et sa confortable absence, étouffe ce qui me reste de souffle. J’ai tant de peine à respirer, à voir et à entendre que tout se perd dans le néant il n’y a plus de source plus de conséquences on ne sait plus ce qui a de l’ importance.
Juste assez pour me convaincre que je suis une étincelle, une poussière dans le vent, un battement de cils qui s’en va sans retour, si brève cette vie n’en laissera aucun souvenir, un insecte voué à l’oubli pourtant j’avais le cœur audacieux, je m’exaltais brûlant comme le feu, ardent d’un esprit de louange qui adore.
Mais cette nuit est ma condamnation inexpliquée qui me rappelle avec amertume combien est puissante la grâce qui vient à votre rencontre, celle que l’on ne peut pas mériter ni contrôler la grâce qui préfère se donner que d’être glorifier.
Quand elle vous quitte plus rien n’existe la détresse est grande mais comment pourrait elle faire autrement pour éprouver notre désir sans être privé d’elle.
Quand elle est là tout est si merveilleux et quand elle s’en va on la regrette au point de désirer mourir, mais mourir serait trahir alors que souffrir c’est guérir, mais comment comprendre ce si stupéfiant principe ?
Il n’y a rien de logique, j’ai beau me torturer le cerveau à fouiner gratter partout où je pense qu’il y aurait une compréhension un refuge intellectuel pour me rassurer ou m’encourager mais je ne trouve rien que du sable.
Les pensées les raisonnements prétentieux la fausse modestie je tourne je tourne et je m’étourdit tandis que rien ne change.
Tout est si neutre.
Je n’ai ni angoisse ni anxiété ni peur mais plutôt une grande préoccupation surtout celle de finir par ne pas être à la hauteur et de rater la cible, de ne pas respecter mon pacte d’obéir quelques soit les douleurs car je crois qu’il n’y a rien de bon pour moi dans cette vie.
Le jour où j’en serai arraché sera un jour de joie contre le jour maudit de
ma naissance, je n’aurai jamais dû voir le jour et pourtant j’ai vécu les brûlures du soleil et les morsures du froid, la solitude dans le monde et le repos dans aucun bras. A quoi bon tout ce mystère, toute cette misère cela n’a pas de sens ?
Manger dormir travailler recommencer, les maladies, les accidents, la violence, l’indifférence, l’abandon, les faux bons sentiments, l’hypocrisie, le mal gravé en nous qui domine et soumet notre nature à être saint et pur sans jamais réussir à résister et à inverser le rapport de force. Esclave de nous même contre nous même pour avancer chaque jour dans le même paradoxe.
Je ne comprends pas ?
Je ne comprends pas ?
Je n’y arrive pas, c’est au dessus de mes forces, ces réalités m’ont vaincus comme le dernier survivant sur un champs de bataille, entouré du désastre de ce que l’homme peut faire de mauvais et qui est vivant !
Au milieu de la boucherie, pourquoi moi ?
Pourquoi survivre pour souffrir autant ?
A quoi bon vivre si la vie est déjà perdue ?
La vrai Patience commence quand on attends plus rien
