Je l’avais rêvé, mourir à Jerusalem, ma vie est si creuse si inutile et indifférente, que quitte à mourir autant aller dans la ville qui tue ses prophètes non pas que je sois prophète mais que de mettre mes pas dans ceux du Christ au milieu du peuple de Dieu, me donne une joie, une vibration intense d’exister enfin.
Et se dire voilà, ma vie s’arrete là.
Pauvre et sterile, triste et vide, je serai devant Dieu les mains vides, mendiant paradoxal, comme celui qui tends la main pour donner, donner tout ce qu’il a et tout ce qu’il n’a pas. S’éteindre enfin, se reposer de ce que je n’ai pas fait, pas dit. Assoupi dans ma lâcheté, étourdi par mes rêves de grandes oeuvres et du jaillissement de l’amour divin dans le coeur des hommes, je ne verrai rien, j’ai été enlevé et placé ici par un mystère qui est une torture.
Je ne suis pas, ai-je vraiment déjà été ? Il n’y a rien pour moi ici, si je ne suis pas capable d’agir et de penser en liberté et obeissance à celui pour qui j’ai une éternelle crainte, je ne sers de rien et vivre ainsi est une insulte à la vie, un cynisme contre tous ceux qui souffrent de handicap divers ou cancer ou toutes maladies qui vous condamne à la non vie.
Alors pourquoi ne pas aller là où est le berceau de l’humanité biblique, du coeur, des entrailles de la vie humaine et des alliances divines, des bénédictions et des prophéties, Jérusalem, Israël, Jésus, je viens vous visiter, je viens sentir le parfum de vos rues, des oliviers, des pierres millénaires et sèches, frappées par un soleil mystique et déterminé.
Trouverai je à nouveau l’ennui ?
le vide ?
Comme j’ai peur du néant,
il me fait penser que Dieu ne m’aime plus, qu’il ne me regarde plus
de ses yeux de feu à la lumière puissante qui n’éblouit pas
mais nourrit de joie,
j’ai peur seigneur
mais j’ai confiance en toi.
Choisi le jour et l’heure et je serai là
Guidant mon coeur et mes pas
Ton souffle m’amènera à Toi
Selon ton désir et ta loi,
Pour ton plaisir et ma foi
Permets moi de n’être qu’a toi !