Corps à cœur
Parfois écrire fait du bien
parce que ça procure,
à celui qui s’exprime,
le soulagement d’un poids qui s’en va qui sort d’un cœur trop lourd.
Mais parfois la douleur est si grande qu’aucune main ne peut tenir cette plume de plomb, la main tremble et reste vide de tout mouvement.
Alors ce qui n’a pu être coucher sur le papier continue de tourner en boucle dans le coeur déjà détruit comme les lames d’un hachoir qui détruit tout ce qui dépasse, vous laissant lisse et sans relief triste à mourir, un sol désert.
Quand le corps souffre c’est difficile, on a mal, mais quand c’est le cœur qui souffre rien ne peut le consoler, il est brisé comme si il avait été dur.
Les cœurs de pierre n’ont pas de cœur et pourtant les cœurs brisés sont les plus tendres, paradoxe de fragilité qui ne résout rien à ce qui peut ronger un cœur.
Si l’âme du cœur était un corps il serait dans cette situation comme prit au piège dans un buisson d’épines, bouger c’est souffrir et s’arracher un peu plus aux ronces de la douleur, vouloir en sortir parait impossible sans y laisser des lambeaux de peau et de chair, cette métaphore est la même pour le cœur esprit mais il est bien plus intolérable que lorsque c’est un corps qui souffre car le corps peut toujours avoir le recours du cœur, on peut avoir une jambe cassé mais au fond de soi se sentir bien, mais si c’est le cœur qui est touché où trouvera t il sa consolation, le soutien et l’apaisement de ce qui le déchire?
Et bien il n’y en a pas.
Le cœur doit aller au bout de cette expérience terrible de se sentir comme jamais seul au monde avec son chagrin pendu à son cou, jamais il ne se détache, jamais il ne s’allège et plus le temps passe et plus la souffrance grandit, personne ne sait où elle veut l’emmener, c’est un drame à la pensée tragique, j’ignore si un jour je pourrai écrire autre chose que cette misère qui empoisonne ma vie mais au moins à la fin des fins, même si je n’ai plus d’espoir, ayant été tissé dans l’espérance, elle ne me quitte pas mais m’éprouve si ardemment que je m’étonne que mon cœur n’ai pas encore éclaté comme une bulle de savon.
Mon espérance veut tuer l’espoir en moi pour être sûr de moi et me faire confiance mais je n’ai pas connu supplice aussi éprouvant.
J’ai gravit des montagnes, traversé des plaines, goûter à l’eau du ruisseau, entendu le vent dans les forêt où chantent les oiseaux, mais aujourd’hui je suis proche de devenir sourd muet et aveugle tant la destruction est mon plat quotidien.
Avec mon cœur malade je ne pourrai plus apprécier ce que la vie propose de bon, de saint, d’épanouissant
Mais heureusement à la fin il y a le triomphe, si il venait je ne le reconnaîtrait même pas car le succès, la facilité, la vie douce je ne les connais pas.