Inconvénient
De tout j’en ai les inconvénients
Et de rien je ne tire avantage.
Je ne bois aucun alcool et pourtant j’ai la gueule de bois sans l’ivresse.
De haut le cœur en nausée je m’évite car si j’ai le malheur de me croiser, de voir mon si affreux reflet je verrai mon visage sans vie couvert de honte.
Je me préserve avec pudeur de ma détestation.
Je n’y peux rien mais je ressent tout
il pèse sur moi un poids que je ne supporte plus mais que je porte chaque jour.
La joie est devenue si étrangère que j’aurai peur quel revienne comme si désormais on ne se comprendrai plus.
Ce qui me dévore a son propre langage et comme tout langage il ne peut être compris que par ceux qui le connaissent, mais je suis seul dans ce pays et il n’y a personne pour traduire, personne pour comprendre.
J’aurais préféré ne rien savoir, être simplement comme un animal qui réagit avec son instinct sans avoir de cas de conscience.
Il le faut j’irai jusqu’au bout, on ne peut pas faire autrement quand on sait que l’expérience, pour être victorieuse et profitable doit s’accomplir jusqu’à son terme, en ne sachant rien de sa durée et de son intensité, c’est une douleur supplémentaire.
Je n’ai que l’écriture pour évacuer un peu de ce pus, coeur et cerveau ne sont qu’abcès et furoncle. Douleur et puanteur, prémices d’une funeste infection.
Mais rien ne vient, ni de bon ni de mauvais, et lentement je meurs sans aboutir, j’agonise sans un cri.
Je ne fais que me répéter mais mon mal aussi ne fait que se répété, profitant de chaque jour pour m’infliger une nouveauté dont il a pris l’habitude, il me laisse croire que je suis tranquille et puis comme un chien en laisse il claque la lanière pour me rappeler que je ne suis pas libre et que subir m’est plus nécessaire que de boire une eau fraîche sous un soleil brûlant.
Qui écartera de moi ce phénomène, je m’épuise à le définir ou même à le voir, sans y parvenir, mais ce mal si terrible, se cache au fond de moi comme un fantôme. Et si l’ennemi n’était pas étranger mais moi même ?
Et si tout ce théâtre qui me détruit n’était que l’expression de ce qu’il y a de plus vulnérable et paradoxal en moi ?
Ce qui ferait de moi le témoin exposé d’une lutte intérieur ayant voulu descendre au plus profond de mon âme et faire face à l’inconnu. Perfectionner ce qui ne l’est pas doit obligatoirement coûter, le don gratuit est la guérison mon grandir fait souffrir ou l’inverse ?

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