J’étais jeune
J’avais comme un gout dans le coeur, pas le gout complet mais juste le parfum d’un plat savoureux, un fumet qui vient vous chatouiller les nasaux du coeur, parce que le coeur respire et de l’air il sent les parfums. Il y avait cette présence cachée qui se colle a moi a chaque instant. Cette présence me questionne autant qu’elle m’interroge et j’ai cru que je pourrai en comprendre le sens, percer le mystère par le travail intellectuel, l’étude, l’enseignement.
J’avais omis que j’ai une incompatibilité épidermique avec tout ce que l’on appelle enseignement, je cherchais plus a faire le pitre pour mieux caché ma médiocrité et ne jamais défendre mes idées par lâcheté.
Maintenant vous comprendrez que le chemin que j’allais prendre était celui d’une ecole intellectuelle qui pourra m’éclairer sur cette présence cachée qui m’obsède comme quand on cherche à rattraper ses rêves et que plus on s’en approche et plus ils s’enfuient, alors aidé par le savoir, la connaissance, les techniques oratoires ou littéraires tout se dévoilerait et enfin je comprendrai quel est ce parfum et cette présence qui me fuit toujours de plus près ?
J’y ai passé des semaines, des mois, rencontrant les représentants de mon eglise, assis aux mêmes tables le midi, j’en retrouvait parfois en dehors de l’ecole, pour des célébrations, des fêtes, mais on s’est manqué.
J’ai raté ce rendez vous, ce genre de rendez vous où chacun attends l’autre, mais il ne vient jamais, vous restez seul. Leurs bienveillances les innocentent d’un délit d’indifférence pourtant elle plane, là, juste au devant d’eux. Et moi je ne suis pas mieux, j’en suis arrivé à tenter d’attirer leur attention par la provocation, le cynisme si bien que c’est quand je faisait mal qu’ils me remarquaient car en faisant bien j’aurai été comme les autres c’est a dire personne.
Alors de tout ce qui exaltait mon coeur, mon intelligence allait le détruire, à vouloir comprendre j’ai vu ma prétention et aussi la leur. Plein de sentiments euphorique j’ai terminé sans voix, sans foi, sans espoir. Je n’ai pas été assez docile pour que la connaissance pénètre mon cerveau pour faire taire mon coeur.
J’ai commencé ces etudes comme un vieillard et j’en sors naïf comme un enfant. Je m’épuise à chercher les conséquences aux causes et les causes aux conséquences mais tout cela n’est pas bon. Chercher a comprendre, réfléchir n’est pas mauvais en soi, mais on ne doit pas être ce que l’on cherche sinon on risque de se manquer, de rater le rendez vous.
Se chercher soi même parfois on y échappe pas mais la vérité c’est que agir ainsi c’est rester immobile alors que la vie c’est le mouvement.
Je croupi la dedans il n’y a pas d’autres portes, patience, confiance, fidélité.
Au moins j’aurais tenter mais de l’intelligence il n’y a pas d’élévation, augmenter en savoir c’est risquer de sombrer dans l’orgueil, et de faire d’immense effort pour se contempler soi même.
Vraiment si j’avais 10 mystères à élucider avant d’entrer en théologie à la sortie, aujourd’hui, j’en ai 10 000.

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