Je ne suis pas de ceux qui d’une vie ordinaire reçoive la révélation à un âge où l’intelligence est déjà là. Ils perçoivent clairement l’appel et la présence de Dieu et peuvent ainsi se souvenir avec conscience de ce moment.
Pour moi, il n’y avait pas d’évocation de Dieu, ni même un quelconque intérêt pour les choses religieuses. Ma famille était comme bien d’autres, préoccupé par les réalités matérielles, ce qui n’est pas mal en soi, et d’ailleurs c’est pour des contingences matérielles qu’ils m’envoyèrent dans les bras de Dieu sans le savoir.
J’avais 5 ans, et on me plaça chez les sœurs dans une école catholique sur les hauteurs de Conflans STE HONORINE, devant l’église St Maclou et au milieu d’elle la Tour Montjoie où nous récupérions les os des chauves souris mélangés au sol et à cette terre battue au parfum moisi et humide des vieilles pierres.
C’était donc parce qu’il donnait un goûter et qu’il me gardait jusque 18h en étude que ces avantages pratiques me précipitèrent chez les bonnes soeurs. On y trouve ici aucunes motivations religieuses, vraiment aucunes. Pourtant l’école était Place de l’église, nommé école Saint joseph avec une communauté de soeurs qui faisait tout sauf enseigner.
Quels bonheurs que ces bonnes soeurs, je ne sais plus de quelle congrégation ou communauté elle dépendaient, elles étaient habillées de plusieurs variantes de bleu. Malheureusement aujourd’hui sur le site web de l’école il n’y a plus aucunes allusions aux soeurs qui partageaient nos journées ainsi les symboles catholiques ou chrétiens, lentement, s’estompent comme si ils avait revêtu une réputation coupable ou nuisible, n’ayant jamais existé.
Mes journées étaient merveilleuses ma mere ou mon pere me déposaient à 7:30 environ, premier arrivé devant cette porte aux barreaux robustes et je restais là tout seul sur les 3 marches humides avec mon cartable plus grand que moi et j’étais heureux.
La connaissance, les copains, l’ébullition d’une ecole vivante, et la douce présence des Soeurs qui nous encadraient et nous recadraient ayant Jesus comme référence dans toutes leurs paroles et tous leurs gestes : délicieux. Et puis peu à peu les copains arrivaient et pour moi c’était une fête sans mesure. Tout était possible, tout était vivant, euphorie et enthousiasme remplissait la journée.
Elle se terminait par l’étude jusque 18h, après toutes ces heures divers et variées, après les récréations, les jeux, les mises en garde des soeurs pour mieux se comporter car on faisait n’importe quoi, les copains partaient à 16h30, et on se retrouvaient une poignée pour rester dans une salle de classe pour l’étude, silencieuse où chacun faisait ses devoirs des cours reçu le jour même, ainsi le travail était fait et notre liberté d’enfant pleinement disponible, j’allais enfin, tout fier, retrouver ma mère car c’est elle qui venait me chercher dans sa petit voiture qui sentait l’huile et l’essence, cette voiture était pour moi une limousine, j’ouvrais la capote et me dressais dehors les cheveux dans le vent comme un roi descendant le rubicon, direction la boulangerie du bas de la rue, achète le pain pour le soir, mais j’y voyais une occasion inespérée de garder la monnaie pour mon butin, des bonbons qui me tentais, brillaient de couleurs explosives : irrésistibles.
10 francs, elle m’a donné la grosse pièce, je ne tiens plus, folie, je suis riche et bientôt ma bouche pleine, je ramène le pain, et la monnaie ?disparue. Envolée enfin transformé en sucre craquant, doux et exaltant, cependant je me sens de plus en plus coupable, ce rapt n’étais pas permis et ma mère m’engueule, j’ignore comment je défendais mon forfait mais ça arrivait à chaque fois et ma mère se lassait et comme elle était au volant, compliqué de m’en coller une ou de me tirer les cheveux juste à côté de l’oreille (sa spécialité).
Alors je m’en souviens et je souris, c’est bon l’enfance, les bêtises ne viennent pas du mal mais de la fraîcheur.
Et donc un jour, de ces journées uniques qui passait comme les autres, après le matin, le repas du midi dans la bruyante cantine, et après s’être défoulé dans la cour, on nous faisait faire une petite sieste dans la chapelle de l’école.
Imaginez une cinquantaine d’enfant haut comme 3 pommes aligné comme des sardines sur de petit lit de camp, en quelques minutes tous s’enfonçait dans la pionçe, il’n’y avait que les sons désordonnés des respirations des enfants, comme si un buffle dormait, calme et profond était ce souffle. Moi même, je n’arrivait pas à fermer les yeux, sous mes paupières ils s’agitaient et ne tenais pas en place, alors dans cette ambiance neutre, mon petit corps se redressa tout net comme si j’avais entendu un bruit sourd, les deux mains cramponnées au lit de camp, la tête bien redressée je la tournai sur ma droite, pensant sans raison qu’il y avait quelque chose, mais il y avait quelques choses, se dégageant de la myriades de vitraux qui constituait le mur de la chapelle une forte douce et chaude lumière se posa sur moi comme un vêtement lourd un grand manteau épais, tous ces éclats de lumières ne faisait aucun bruit mais mon cœur compris « je suis là ». La lumière était partout mais je la sentais exclusive, comme si elle n’étais là que pour moi, sans raison, sans but, sans message, seulement un instant et désormais, un évidence s’est gravé en moi profondément : je ne serai plus jamais seul. Tandis que je recevais ces rayons qui en était qu’un seul, une voix retentit : « non non non il faut dormir, allez couches toi ».
Être un enfant à beaucoup d’avantage, cet expérience ne m’a ni troublé, ni inquiété ni tourmenté de mille pourquoi ici pourquoi ça, toute ma vie était resté totalement ordinaire, j’ai continué de piqué la monnaie de ma mère pour me prendre des bonbons en cachette, fier, premier de la classe, à vouloir toujours être le premier, quitte à coller une droite à un copain.
Un jour, nous étions en fil indienne pour entrée dans la classe, et il y en avait un avec qui on se battant tout le temps, il voulait être le premier, et moi aussi, alors on se poussait l’un l’autre pour être le premier de la file et sans cesse on arrêtais pas de ce voler la première place, et là j’en ai eu marre, la colère est monté, et je lui colle une droite. Il saigne du nez et tout le monde me tombe dessus.
Évidemment parent convoqué, sermont, punition, mais ce qu’ils ne savaient pas c’est que dès que mon poings s’est levé, déjà je le regrettais, ou du moins quelques chose en moi a eu de la peine de ce poings levé au moment où.
Et j’avais beaucoup plus de regret d’avoir contrarié ce qui étais au fond de moi ce quelque chose de bon et d’inconnu, plutôt que les sermons, punition, et mauvaise réputation.
Voyez plusieurs décennies plus tard j’en parle encore c’est bien la preuve que ce que j’ai fais ce jour là je le regrette encore, ce n’étais pas digne du cadeau que j’avais reçu.
C’est cela le message du pardon des péchés, sans pardon, chaque péché est accrocher à nous et ils sont un obstacle pour s’élever et grandir.

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