mardi 22 juillet 2025

Seigneur, pourquoi ma vie est comme ça

Pourquoi ?


Seigneur,

pourquoi ma vie est-elle comme ça ?
Pourquoi chaque jour est-il si difficile ?
Pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Pourquoi dois-je rester seul ?
Pourquoi ne vois-je que mon impuissance
et mon incapacité chaque jour ?

Tu me demandes de l’espoir,
mais je n’ai plus de force.
Tu disais à Josué :
« Sois fort et prends courage »,
mais je n’ai ni l’un ni l’autre.

Je suis totalement détruit…
Ma seule option, c’est d’attendre la mort ?
Pourquoi me garder vivant
dans toute cette incompréhension qui m’écrase ?

Je n’en peux plus.
Si tu savais…
J’avais pourtant un cœur de lion,
pour être ton champion,
prêt à tout —
et rien n’en est sorti.
Me voilà chômeur, handicapé,
piégé avec quelqu’un qui est malade,
un psychopathe ?
C’est quoi ce délire ?

Crier, je ne peux plus.
Je suis à plat.
Je vois le temps qui s’en va,
ma face me dégoûte,
et je vieillis sans aucun doute.
Tout ce qui est réel me démolit
encore et toujours.

Pourquoi m’as-tu abandonné
sur le banc de touche,
à l’endroit où l’on envoie
ceux qui ne servent à rien ?

Comme c’est cruel.
J’ai l’impression de me faire manger
par un fauve, bouchée après bouchée,
lentement,
à décortiquer ma chair
se déchirant de mes os,
sans que je n’y puisse rien.

Je suis complètement à ta merci.
Peut-être que cela te plaît
de me laisser ainsi,
pour des raisons qui m’échappent.

Je souffre le martyre…
Mais que puis-je contre ta volonté ?
Oui, la mienne, aujourd’hui, est abolie.
Mon intelligence et ma volonté
se sont éteintes,
n’ayant plus aucun carburant,
plus rien à consommer,
tant tu m’as consumé.

Alors je me hais.
Je me déteste.
Je n’ai plus rien,
et c’est trop dur.

En un autre temps,
je me serais organisé pour mourir,
si déprimé et seul,
face à cet abîme.

Mais je n’en ferai rien,
car le peu de courage et de force
qui me reste,
je m’en servirai pour obéir
et te faire confiance,
même si tout me semble perdu.

Malheur à moi.

vendredi 11 juillet 2025

Attendre

Attendre


Peut-être que je regarde trop mon nombril.
Si je ne suis responsable que de moi-même,
de qui d’autre me préoccuper ?
Malheureusement, je suis la personne la plus triste
que je connaisse, et je ne connais personne d’autre.

Le temps s’écoule, et je reste soumis à ce vide
où rien ne se passe. J’arrive même à avoir honte d’être en vie
et de faire si peu.
Quand chaque jour, des personnes aimées et aimables meurent
de diverses causes,
moi, ma vie continue dans une misère totale,
sans savoir comment en sortir.

C’est une frustration extrême —
toute cette inutilité, toute cette impuissance.
J’ai la gorge serrée, aucun mot ne peut plus sortir.
J’ai la trachée écrasée par les sanglots
que je n’ai jamais versés.

Toujours avec cette sensation d’être au bord —
au bord du vide, ou sur un fil
où j’essaie de ne pas perdre l’équilibre,
en rassemblant toutes mes forces,
avec l’angoisse de ne pas y arriver.
C’est une horreur.

Rien n’a d’influence sur moi.
Je suis dans la misère des sens :
je ne ressens plus rien,
à part le vertige de ce que j’ai perdu.
Le sens de la vie n’est pas d’actualité.
C’est le sens de la réalité,
le sens de ma nature humaine
qui sont détruits,
et me laissent là,
comme mort au cœur de ma vie,
n’ayant que ruines autour de moi et en moi.

Je crains, j’ai peur :
quelle tuile va à nouveau me tomber sur la tête ?
Je me sens nu et vulnérable,
tout mon être, dans une évidence suprême,
est convaincu que quelque chose va arriver —
une rumeur de violence va me frapper.
Car je n’ai plus le souvenir de la dernière fois
où j’ai ressenti du bonheur,
une consolation ou une parole généreuse.

J’ai une angoisse profonde,
comme un syndrome post-traumatique,
qui vous fait sursauter à la moindre porte qui claque,
comme si les coups reçus s’acharnaient
dans une sorte d’écho,
de vagues qui viennent et reviennent.
Que ce soit réel ou imaginaire,
le plus dur, c’est cette peur permanente :
elle est la dernière chose réelle, et collante.

J’en ai des fourmis dans les mains.
Je continue de ressentir une profonde déception
avant même de faire quoi que ce soit :
je suis déçu avant même d’agir.

Ma profondeur est détruite.
Je n’ai plus que ma foi,
mon corps éteint, mes sens effacés,
et la dernière force
qui me permet de mener ma vie jour après jour,
en espérant, chaque matin,
arriver rapidement au soir —
là où je prie,
puis je m’endors, parfois difficilement,
puis le lendemain, tout recommence.
Sans fin, seul,
sous le regard de Dieu,
qui, j’espère, m’enseigne et me mène quelque part
dans ce désarroi,
dans ce buisson d’épines
qui m’écorche l’âme sans fin.

En clair, je ne m’aime pas.
J’ai même du dégoût
pour la pauvre personne que je suis devenu.
J’ai gâché ma vie,
et j’ai honte de mon parcours
et de son achèvement aujourd’hui,
qui me fait vivre dans un caveau mental et spirituel
qui m’épuise.

Vivre comme un néant est épuisant.
Je n’ai plus beaucoup de force.
J’aimerais n’en avoir plus une goutte,
être enfin vaincu,
et terminer cette vie
qui ne m’apporte que déception et frustration.

C’est trop dur.
Vraiment trop.
Rien ne vient.
Rien ne se passe.
Où est la grâce ?
Rien.
Rien.
Rien.

vendredi 27 juin 2025

Tout seul

Tout seul


Autour de moi,
je vous vois.
J’entends vos rires
et je sens la fumée.
Rien n’est pire
que de se sentir abandonné
au milieu de vous.
Vous ne savez pas encore
que vous êtes condamnés.

Vous pouvez tout me dire,
me consoler,
me faire un câlin,
m’exposer vos arguments du bonheur —
mais rien n’y fait.
Je suis seul entre vos mains,
et contre moi, vous ne pouvez rien.
Je suis un orphelin de cœur,
insensible à votre malheur.

Saviez-vous
que rien ne peut me ranimer,
rien ne peut me ramener,
ni homme ni femme
pour me consoler ?
Je suis consacré,
mis à l’écart.
Vivre, c’est gémir,
profiter, c’est pourrir.
Le jour de ma naissance
me fait sourire —
je le pleure chaque soir.
Mais j’ai en moi
la chronique du pire,
la folie du désespoir.

Pourtant, je sens que des forces
grandissent en moi,
pour être prêt
au jour où Il reviendra.
Mais quelle souffrance
que de s’arracher
aux convenances,
aux pensées toutes faites,
renoncer à soi-même —
ce qui vous apporte
tant de confort.
Cette fausse tranquillité
vous fera mourir de peur
face à la vérité.

Toutes les femmes sans hommes
prennent des notes
pour prouver qu’elles ne sont pas sottes.
Elles oublient juste la liberté,
celle de leur propre pensée.
Elles n’ont pas confiance en elles,
malgré l’assurance qu’elles affichent.
Elles sont fragiles,
et leurs audaces les brisent.
Elles n’aiment pas la vérité :
trop de discussions
les ont empoisonnées.
Impossible pour elles de comprendre,
impossible pour elles de ne plus plaire.

vendredi 20 juin 2025

Les Lys Blancs

Les Lys Blancs




Il y avait, au milieu du champ,
un carré de lys blancs
entouré par des blés dorés,
gorgés d’un soleil brillant.
Les bruns dansaient au vent.

Mes yeux se réjouissaient,
et mon esprit s’étonnait :
ce carré parfait, dans ce champ,
était aussi droit que surprenant.

J’entrai donc dans le carré blanc.
Les épis de blé frémissaient.
J’arrivai au centre du champ,
et j’y étais du plus bel effet.

Les lys
dessinaient une frontière pure.
Tournant sur moi-même,
les cheveux au vent,
je caressai les pétales royaux,
ligne droite et angle droit,
avec un sourire d’enfant
et le sentiment
d’être enfin chez moi.

Quel songe étrange :
le ciel était bleu-vert,
aussi tendu qu’un écran.
Ce plafond de turquoise
m’enlevait toute pâleur,
à moi
qui n’étais jamais à l’heure.

Cependant, il y avait au loin
le mugissement d’une foule.
Leur ciel était de soufre rouge —
pas des pleurs, mais des hurlements.

Mon sourire ne disparaissait pas.
Dans le carré blanc,
il y avait la sagesse,
et, à ses côtés, le droit et la justice.
Si bien que je n’étais pas effrayé :
tout était juste et droit,
rempli d’intelligence et de sagesse.

C’est comme entendre
une chanson pour la première fois,
et être convaincu
de l’avoir déjà entendue —
comme si un refrain avait précédé la chanson.
Mais que vont devenir ceux là-bas ?

À cette pensée, les lys ont changé :
ils sont passés de blancs scintillants
à rouge sang, se flétrissant lentement.
Le vent dans mes cheveux devint plus ferme, plus soutenu.
Une force me quittait,
et une autre venait.

Le ciel s’assombrit pour se fendre de quelques éclairs,
aussi fins que des racines de potager,
des éclairs en forme de capillaires,
des cheveux de feu qui augmentaient.

Il n’y avait plus les cris lointains,
et le rouge crépuscule était noir —
une obscurité affamée
venue dévorer les égarés.
Mon carré, comme un fort de Vauban,
me gardait en lieu sûr. Et aussitôt,
il y eut un combat sur la terre et dans le ciel.

De mon point de vue, les ténèbres se dispersaient,
et elles furent toutes détruites.
Soudain, des parfums merveilleux et inconnus
se répandaient dans le carré,
où les lys étaient encore plus grands,
plus blancs et plus lumineux.
Ils se répandaient autour, dans le champ :
les blés, les épis, tout ce qui vivait
fut purifié et blanchi,
si bien que moi-même,
j’étais devenu comme les lys,
d’une blancheur purifiée par la sagesse et son maître.

Je n’avais aucun mérite,
et j’étais stupéfait.
Mais le Créateur de tout l’avait voulu ainsi.
Alors je compris enfin pourquoi ma vie
fut si insignifiante et privée de joie,
de consolation,
n’attendant plus rien de personne.

J’avais été façonné pour ce moment de grâce,
qui est message d’espoir
pour tous les affligés.

mercredi 11 juin 2025

Et si le désir...

 




Et si… le désir 

Un désir monte en moi et j'en suis tout étonné. Il ne vient pas de ma tête ni de mon cœur, mais de mon ventre. J'ai dans les entrailles un désir grandissant d'aimer et d'être aimé, pour me révéler tel que je suis, en prenant femme dans le mariage et en ayant des enfants de cette union miraculeuse. Comment trouverai-je la femme parfaite pour qui je serai l'homme parfait, tel que Dieu l'a voulu pour nous ?

Ce désir considérable, aux conséquences immenses et avec une prise de risque totale, n'était pas présent en moi il y a encore quelques semaines, même quelques jours, ni même depuis plusieurs années. J'avais des pensées éparpillées ; souvent, dans la rue, je voyais passer sous mon regard des femmes, des couples, ou des couples avec enfants, et comme je les enviais — alors qu'en moi je n'avais que de l'indifférence. Je pensais être pour toujours étranger à ces sentiments. Je me persuadais que mon indignité et ma vie piégée m'avaient exclu de cette réalité de l'amour et de la famille. Jamais je n'avais eu ces sentiments. Tandis que tout mon être s'effondrait dans une solitude amère, hurlant en mon âme, incapable de lui montrer autre chose que de la détresse.

Aujourd'hui j'ai une telle conviction, sans aucun fondement, que cela va arriver, que mes douleurs ont cessé. Comme si, enfermé dans l'hiver d'une vie glacée, j'apercevais enfin les premiers rayons du printemps, clairs et chaleureux, dans mon espérance blessée. Même écrire en ce moment les détails de cette étrange expérience me donne un réconfort incroyable.

Si je mets tout mon espoir dans cette prophétie, j'aurai beaucoup à souffrir si, de Paray-le-Monial, je revenais sans l'avoir trouvée. Pire encore : être passé près d'elle sans la reconnaître, incapable d'aimer. Est-il possible de la chercher ? Je ne crois pas. Je pense qu'il m'est nécessaire de continuer à abolir ma volonté et de mettre toute ma confiance dans la Providence — elle doit être mon seul guide pour réaliser ce désir. C'est elle qui la mettra sur mon chemin, ou pas.

Quand j'ose, quand j'ai l'audace de réaliser que cela est mon avenir, je suis transporté avec douceur vers une paix qui atténue mon anxiété, mon angoisse et l'inquiétude jumelle qui me tient en dessous de tout. C'est tellement bon que j'en ai le trac. Je ne sais rien en vérité, c'est ma prière. Mon Dieu est souverain, il exauce qui il veut, et cette étonnante prière me fait déjà beaucoup de bien — mais quelle est ta volonté, Seigneur ?

Alors je compte les jours, tout en sachant que de Paray-le-Monial je peux revenir toujours aussi seul, avec les mêmes problèmes, les mêmes tourments. C'est le mystère de ma vie. Mais comme j'aimerais la vivre, cette vie, avec quelqu'un pour qui je serais enfin moi-même, et être aimé pour cela — et faire d'elle la plus belle des femmes, la femme parfaite.

J'écris ces lignes dans l'espoir de ne pas faire d'erreur, mais ce sera un témoignage de la miséricorde de Dieu si ce miracle se réalise à Paray-le-Monial, du 16 au 25 août.

J'essaie de me souvenir comment ce désir s'est construit. Après avoir eu un grand dégoût de ma vie, avec une grande agitation intérieure, j'ai fini par abandonner le pourquoi, et je me suis dit que je devais faire confiance — mais je voulais une contrepartie. Seigneur, je te donne ma volonté, mais toi, agis dans ma vie. Si bien que je fais mon chapelet tous les soirs depuis plus d'un mois. Dans mes lectures du soir, je suis tombé sur David, Salomon, la Sagesse et Siracide 26,13, ce texte bouleversant sur la femme parfaite.

Il y a un mois, j'ai aussi dit au Seigneur : « Je détruis tout ce qui me rattache à Stéphanie », mon premier amour, qui avait envahi mon cœur et laissé une épine si profonde que j'ai mis 35 ans à m'en rendre compte et à la retirer, pour laisser mon cœur tout entier libre au commandement de mon Dieu. Et j'ignorais que cela allait faire monter en moi cette supplique de vouloir une femme et d'avoir des enfants — à la condition qu'elle soit la femme parfaite, c'est-à-dire prudente, dévote, douce, rieuse et intelligente, supérieure à moi socialement, ainsi que chaste et pudique, magnifique et féminine, faisant la joie de son mari, dont elle recevra aussi tout ce dont elle a besoin pour s'épanouir en femme parfaite — aux yeux bleus ou verts, brune ou blonde, heureuse de vivre et généreuse.

Ma promesse pour le Seigneur, c'est de la rencontrer grâce à lui et de rester chaste jusqu'au mariage, comme offrande d'obéissance et dans un consentement volontaire.

J'écris cela pour passer un contrat avec mon Seigneur : si telle est sa volonté et que j'ai son approbation, je veux être digne du miracle qu'il a prévu pour moi. Je présenterai ce texte à cette femme pour qu'elle voie ma bonne foi et que son cœur reçoive les réponses à ses doutes, si elle en avait.

Cependant, si j'ai ce désir et s'il est bien de Dieu, alors je suis convaincu qu'en ce moment elle a le même sentiment, avec la même disposition, et que sans nous connaître, nous sommes déjà ensemble sur le chemin que le Seigneur a tracé pour nous.

Espérons aussi que nous pourrons mettre à contribution tous nos talents pour être des serviteurs de la charité, que notre amour rayonne pour inspirer, et que ceux qui nous verront se disent : « Voilà un couple chrétien. » Que chaque matin nous nous disions : « Faisons d'aujourd'hui un jour meilleur qu'hier. »

Ensemble.

Amen

PFES


mardi 10 décembre 2024

Que la vie est mortelle

 


Que la vie est mortelle

à la mort ce sera la vie

Je n’aurai plus ce fardeau honteux

Cette existence misérable 

Où je me traîne comme un fantôme

Comme un cadavre de poussière 

Vivre est insupportable

Juste le temps de supplier mourrir

En restant prisonnier de mon charnier

Dans la puanteur de mon ego

Mon pèlerinage se poursuit dans les décharges les poubelles de la vie

Où je trouve que dégoût de tout et surtout de moi même.

Il n’y a ni repos ni répit 

Acide comme le vinaigre 

le néant de cette vie

Paradoxe d’un croyant blessé 

Il faut goûter à l’immonde 

Pour fuire ce monde 

et découvrir le sens réel 

de l’ espérance.

Le combat est rude 

et on mords vite la poussière 

Mais je n’ai que la victoire 

comme issue 

parceque je n’abandonnerai pas

promesse contre promesse

Tu veux me

Plonger dans mon abîme ?

Si c’est ta volonté 

J’y cours volontiers 

Mais quel malheur que la vérité 

L’homme ne peut la supporter 

Il en est si loin car elle est redoutable

Comme ce néant que l’on voit au dedans de soi quand on a l’audace de se visiter soi même et se révéler  tel que Dieu nous voit

Alors ma tristesse embrasse 

la sienne.

Où est la grâce ?

La seule qui peut nous sortir de cette purée de pois brûlante.

Est ce un aperçu infernal pour nous exhorter à ne regarder que le ciel 

et à ne vouloir plaire qu’à lui seul ?

Je n’en sais rien, la seule expérience de vivre est déjà si pénible, y a t il un gain à être supplicié sans motifs sans consolation sans soutien sans compassion, simplement comme un fruit mûre qui pourri s’il n’est cueilli ?

J’ai épuisé tout mon être 

à comprendre et il n’en reste 

que ruines et désolations, 

tout semble accompli il n’y a plus d’espace ni de temps 

tout est là, à la pointe de l’épée, 

pour enfin transpercer mon cœur épuisé et que je me répande partout et me glisser dans tous les interstices, les rayures, les creux comme sur les pavés de Jérusalem.

Lisses et brillants les pierres de la vieille ville de Sion si usé, par les siècles les combattants les pèlerins et les marchands, piétiné sans relâche, mon sang s’écoulera doucement dans ce sanctuaire ocre, entouré d’oliviers millénaire, 

enfin Le sacrifice, 

celui qui justifiera tous les autres.

dimanche 3 novembre 2024

La patience pour quoi ?





Qu’est ce que j’attends vraiment ?

La patience ? Mais pour attendre quoi ?

Rien n’est connu et tout est vécu dans l’ignorance.

Des liens m’emprisonnent et résister ne fait qu’augmenter la douleur.

Quand le temps est si lourd la douleur envahit tout en silence. Les cris sont des soupirs les hurlements des sourires.

Être seul dans une forêt humide et froide est commun à une âme qui n’espère plus rien pour elle même.

J’attends le matin ou quand viens le soir je ne sais plus ce qui commence et ce qui fini, je suis immobile et absent à moi même. 

Qui suis je face au temps, par lui tout est réglé mesuré calculé et en moi même c’est tout le contraire il n’y a que désordre dispersion et vapeurs.

Même souffrir semble irréel malgré ses traces sur moi, les écorchures de l’indifférence et sa confortable absence, étouffe ce qui me reste de souffle. J’ai tant de peine à respirer, à voir et à entendre que tout se perd dans le néant il n’y a plus de source plus de conséquences on ne sait plus ce qui a de l’ importance. 

Juste assez pour me convaincre que je suis une étincelle, une poussière dans le vent, un battement de cils qui s’en va sans retour, si brève cette vie n’en laissera aucun souvenir, un insecte voué à l’oubli pourtant j’avais le cœur audacieux, je m’exaltais brûlant comme le feu, ardent d’un esprit de louange qui adore.

Mais cette nuit est ma condamnation inexpliquée qui me rappelle avec amertume combien est puissante la grâce qui vient à votre rencontre, celle que l’on ne peut pas mériter ni contrôler la grâce qui préfère se donner que d’être glorifier.

Quand elle vous quitte plus rien n’existe la détresse est grande mais comment pourrait elle faire autrement pour éprouver notre désir sans être privé d’elle.

Quand elle est là tout est si merveilleux et quand elle s’en va on la regrette au point de désirer mourir, mais mourir serait trahir alors que souffrir c’est guérir, mais comment comprendre ce si stupéfiant principe ?

Il n’y a rien de logique, j’ai beau me torturer le cerveau à fouiner gratter partout où je pense qu’il y aurait une compréhension un refuge intellectuel pour me rassurer ou m’encourager mais je ne trouve rien que du sable.

Les pensées les raisonnements prétentieux la fausse modestie je tourne je tourne et je m’étourdit tandis que rien ne change. 

Tout est si neutre.

Je n’ai ni angoisse ni anxiété ni peur mais plutôt une grande préoccupation surtout celle de finir par ne pas être à la hauteur et de rater la cible, de ne pas respecter mon pacte d’obéir quelques soit les douleurs car je crois qu’il n’y a rien de bon pour moi dans cette vie.

Le jour où j’en serai arraché sera un jour de joie contre le jour maudit de

ma naissance, je n’aurai jamais dû voir le jour et pourtant j’ai vécu les brûlures du soleil et les morsures du froid, la solitude dans le monde et le repos dans aucun bras. A quoi bon tout ce mystère, toute cette misère cela n’a pas de sens ?

Manger dormir travailler recommencer, les maladies, les accidents, la violence, l’indifférence, l’abandon, les faux bons sentiments, l’hypocrisie, le mal gravé en nous qui domine et soumet notre nature à être saint et pur sans jamais réussir à résister et à inverser le rapport de force. Esclave de nous même contre nous même pour avancer chaque jour dans le même paradoxe.

Je ne comprends pas ?

Je ne comprends pas ?

Je n’y arrive pas, c’est au dessus de mes forces, ces réalités m’ont vaincus comme le dernier survivant sur un champs de bataille, entouré du désastre de ce que l’homme peut faire de mauvais et qui est vivant !

Au milieu de la boucherie, pourquoi moi ? 

Pourquoi survivre pour souffrir autant ?

A quoi bon vivre si la vie est déjà perdue ?

La vrai Patience commence quand on attends plus rien

La Trinité

La Trinité C’est un carrefour bouillonnant, dans un sens, les voitures, dans un autre, les passants. Les gens se croisent et se mélangent, ...