samedi 13 septembre 2025

Je ne sais pas

Je réalise quelque chose

Je constate mon désir.
Je supporte ma passion d’aller vers les femmes
pour rechercher leur compassion,
leurs attributs de féminité,
pour pouvoir me consoler,
pour, tout simplement, satisfaire mon égoïsme
pensant qu’il y a un bien pour moi de ce côté-là.
Mais cela me semble vain.

Je réalise alors que Dieu m’a vraiment mis à part,
qu’il m’a réservé pour Lui.
Pour recevoir la sagesse,
il faut se détacher de soi-même,
et donc de ses passions.

Comme celle de la séduction et des femmes,
ce désir de la présence de leurs féminité,
c'est peut-être la dernière de mes passions
un résidu tenace
qui donne à ma chair une peine envahissante.

Je dois me mettre à part de celle-ci,
pour la dominer
et aussi faire de la place au Seigneur.
Car je ne vois pas d’autre raison
à ce qui se bouleverse en moi
que celle de m’avoir réservé
et mis à part pour Lui.

Dans ce cas,
je dois, moi aussi, me réserver
et me mettre à part de tout ce qui peut empêcher
la sagesse de trouver une place en moi.

C’est très difficile, vraiment très difficile
et la montagne à gravir est si haute.
Mais j’aime cet ascencion, grandir,
surtout si la montagne est celle de l'Eternel.

Au pied de la mpontagne, au début
j’ai une grande joie,
inconscient des difficultés de cette escalade.
Mais, aux moments les plus durs,
c’est de toujours rêver du sommet
qui m'emmène à me dépasser, au dela de mes impatiences
et de cette douleur qui ne me quitte pas.
Voilà où j'en suis.

Au fond, j’ignore ce qui m’attend au sommet.
J’ignore les raisons
qui ont transformé en deuil
toutes mes passions, mes désirs et mes rêves.
Je ne sais pas.

Ce n’est que par pure confiance
que je suis ce chemin, aussi pénible soit-il,
étant privé de tout ce qu’un homme désir de la vie.

Jetant mes dernières forces
dans l’espoir de connaître rapidement
le mystère qui bat en moi,
je ressens ma séparation
d’avec tout ce qui doit constituer la vie d'un homme.

Comme si Dieu ne m’avait pas permis
de connaître ces sentiments-là,
ou, si je devais les connaître c'est pour mieux 
me les enlever avec violence.

Je me sens comme une graine, sèche et minuscule
dépouillée de tout,
pour être capable de tout ?
Pour qu'aucune passion
ne puisse plus entraver ni ma volonté ni mon intelligence,
et ainsi être totalement au service
de mon Maître jaloux ?

Désormais, sans concurrence,
et librement, je Lui appartiens,
et mon âme est nue entre ses mains

Viens, je suis prêt.

dimanche 31 août 2025

Je n’arrive plus à penser

Je n’arrive plus à penser


Et si tout ce que je cherche

était déjà là, sous mes yeux,
au-dedans de moi ?

Je ne peux pas dire le contraire —
que ce soit la maladie ou le traitement,
je sens en permanence, en moi,
une paix profonde, au centre de mon être,
à l’abri, sous plusieurs couches
de lâcheté, probablement.

C’est comme le lit d’un fleuve :
il n’y a rien de plus profond,
et moi, je le remplis avec mon agitation,
mes désirs, mes peurs, mes frustrations,
ma mélancolie, ma lassitude —
et j’en passe.

Comment faire pour rejoindre cette paix,
moi, en me débarrassant du superflu
qui crée une tension
et m’éloigne de ce qui est peut-être
l’être véritable que je cherche ?

Je vais essayer de ne plus rien tenter,
d’approfondir mon dévouement à la Providence
et d’être à l’écoute de ce qui se passe en moi —
mais cela paraît si difficile,
si inatteignable.

C’est comme un pari,
et je les perds toujours.
Ce n’est que ma vie
que je n’arrive pas à saisir.
Je vais faire ce que je peux,
et j’espère que cette paix
n’est pas une anomalie ou un symptôme,
car alors, il ne me resterait plus rien.
Vraiment rien.


J’en ai fait des rêves.
J’ai essayé de tout goûter,
j’ai essayé de découvrir
ce qui était caché.
Personne ne m’a donné
les bons conseils
pour éviter de m’éparpiller.

Mais quand on s’égare,
cela semble les amuser.
Maintenant, je n’arrive plus à penser.
Les rêves sont des tortures.
Comment supporter d’être si isolé ?
Mon cœur a des plaies, des brûlures.

Le temps s’échappe —
ni en retard, ni en avance,
modèle de persévérance.
J’ai fait taire les plaintes.
Je ne crie plus.
Je cherche la gratitude,
celle que je dois
à Celui qui donne tout.

Et voilà, je n’ai plus que ça.
Je n’ai plus rien.
Je ne suis plus qu’un souvenir,
et personne ne se souvient.
Un goût sans goût,
une vie sans vie,
des pleurs sans larmes,
une rage sans cri.

Dans un silence qui fait du bruit,
un tambour qui s’étouffe aussi,
mon cœur bat sans raison.
Le jour où il s’arrêtera,
ce sera — c’est — le bon.

Mes mains libres sont liées,
mes jambes fermes se dérobent.

J’attends mon dernier souffle.
Il vide mes poumons, vide un gouffre,
mais il insiste encore et encore.
Je respire pourtant sans effort.

Mon corps est lourd comme un bœuf,
et il craque comme une biscotte.
Les gestes sont si lents, si lourds.
L’âge est une maladie qui étouffe.
Seul le temps se supporte lui-même.
Moi, il me tue à chaque seconde.

Il s’écrit d’un trait,
sans lever la pointe,
une ligne qui ne finit jamais —
cette ligne sur laquelle je suis suspendu,
funambule pathétique, condamné
au vertige, sans rien à gagner.

mardi 22 juillet 2025

Seigneur, pourquoi ma vie est comme ça

Pourquoi ?


Seigneur,

pourquoi ma vie est-elle comme ça ?
Pourquoi chaque jour est-il si difficile ?
Pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Pourquoi dois-je rester seul ?
Pourquoi ne vois-je que mon impuissance
et mon incapacité chaque jour ?

Tu me demandes de l’espoir,
mais je n’ai plus de force.
Tu disais à Josué :
« Sois fort et prends courage »,
mais je n’ai ni l’un ni l’autre.

Je suis totalement détruit…
Ma seule option, c’est d’attendre la mort ?
Pourquoi me garder vivant
dans toute cette incompréhension qui m’écrase ?

Je n’en peux plus.
Si tu savais…
J’avais pourtant un cœur de lion,
pour être ton champion,
prêt à tout —
et rien n’en est sorti.
Me voilà chômeur, handicapé,
piégé avec quelqu’un qui est malade,
un psychopathe ?
C’est quoi ce délire ?

Crier, je ne peux plus.
Je suis à plat.
Je vois le temps qui s’en va,
ma face me dégoûte,
et je vieillis sans aucun doute.
Tout ce qui est réel me démolit
encore et toujours.

Pourquoi m’as-tu abandonné
sur le banc de touche,
à l’endroit où l’on envoie
ceux qui ne servent à rien ?

Comme c’est cruel.
J’ai l’impression de me faire manger
par un fauve, bouchée après bouchée,
lentement,
à décortiquer ma chair
se déchirant de mes os,
sans que je n’y puisse rien.

Je suis complètement à ta merci.
Peut-être que cela te plaît
de me laisser ainsi,
pour des raisons qui m’échappent.

Je souffre le martyre…
Mais que puis-je contre ta volonté ?
Oui, la mienne, aujourd’hui, est abolie.
Mon intelligence et ma volonté
se sont éteintes,
n’ayant plus aucun carburant,
plus rien à consommer,
tant tu m’as consumé.

Alors je me hais.
Je me déteste.
Je n’ai plus rien,
et c’est trop dur.

En un autre temps,
je me serais organisé pour mourir,
si déprimé et seul,
face à cet abîme.

Mais je n’en ferai rien,
car le peu de courage et de force
qui me reste,
je m’en servirai pour obéir
et te faire confiance,
même si tout me semble perdu.

Malheur à moi.

vendredi 11 juillet 2025

Attendre

Attendre


Peut-être que je regarde trop mon nombril.
Si je ne suis responsable que de moi-même,
de qui d’autre me préoccuper ?
Malheureusement, je suis la personne la plus triste
que je connaisse, et je ne connais personne d’autre.

Le temps s’écoule, et je reste soumis à ce vide
où rien ne se passe. J’arrive même à avoir honte d’être en vie
et de faire si peu.
Quand chaque jour, des personnes aimées et aimables meurent
de diverses causes,
moi, ma vie continue dans une misère totale,
sans savoir comment en sortir.

C’est une frustration extrême —
toute cette inutilité, toute cette impuissance.
J’ai la gorge serrée, aucun mot ne peut plus sortir.
J’ai la trachée écrasée par les sanglots
que je n’ai jamais versés.

Toujours avec cette sensation d’être au bord —
au bord du vide, ou sur un fil
où j’essaie de ne pas perdre l’équilibre,
en rassemblant toutes mes forces,
avec l’angoisse de ne pas y arriver.
C’est une horreur.

Rien n’a d’influence sur moi.
Je suis dans la misère des sens :
je ne ressens plus rien,
à part le vertige de ce que j’ai perdu.
Le sens de la vie n’est pas d’actualité.
C’est le sens de la réalité,
le sens de ma nature humaine
qui sont détruits,
et me laissent là,
comme mort au cœur de ma vie,
n’ayant que ruines autour de moi et en moi.

Je crains, j’ai peur :
quelle tuile va à nouveau me tomber sur la tête ?
Je me sens nu et vulnérable,
tout mon être, dans une évidence suprême,
est convaincu que quelque chose va arriver —
une rumeur de violence va me frapper.
Car je n’ai plus le souvenir de la dernière fois
où j’ai ressenti du bonheur,
une consolation ou une parole généreuse.

J’ai une angoisse profonde,
comme un syndrome post-traumatique,
qui vous fait sursauter à la moindre porte qui claque,
comme si les coups reçus s’acharnaient
dans une sorte d’écho,
de vagues qui viennent et reviennent.
Que ce soit réel ou imaginaire,
le plus dur, c’est cette peur permanente :
elle est la dernière chose réelle, et collante.

J’en ai des fourmis dans les mains.
Je continue de ressentir une profonde déception
avant même de faire quoi que ce soit :
je suis déçu avant même d’agir.

Ma profondeur est détruite.
Je n’ai plus que ma foi,
mon corps éteint, mes sens effacés,
et la dernière force
qui me permet de mener ma vie jour après jour,
en espérant, chaque matin,
arriver rapidement au soir —
là où je prie,
puis je m’endors, parfois difficilement,
puis le lendemain, tout recommence.
Sans fin, seul,
sous le regard de Dieu,
qui, j’espère, m’enseigne et me mène quelque part
dans ce désarroi,
dans ce buisson d’épines
qui m’écorche l’âme sans fin.

En clair, je ne m’aime pas.
J’ai même du dégoût
pour la pauvre personne que je suis devenu.
J’ai gâché ma vie,
et j’ai honte de mon parcours
et de son achèvement aujourd’hui,
qui me fait vivre dans un caveau mental et spirituel
qui m’épuise.

Vivre comme un néant est épuisant.
Je n’ai plus beaucoup de force.
J’aimerais n’en avoir plus une goutte,
être enfin vaincu,
et terminer cette vie
qui ne m’apporte que déception et frustration.

C’est trop dur.
Vraiment trop.
Rien ne vient.
Rien ne se passe.
Où est la grâce ?
Rien.
Rien.
Rien.

vendredi 27 juin 2025

Tout seul

Tout seul


Autour de moi,
je vous vois.
J’entends vos rires
et je sens la fumée.
Rien n’est pire
que de se sentir abandonné
au milieu de vous.
Vous ne savez pas encore
que vous êtes condamnés.

Vous pouvez tout me dire,
me consoler,
me faire un câlin,
m’exposer vos arguments du bonheur —
mais rien n’y fait.
Je suis seul entre vos mains,
et contre moi, vous ne pouvez rien.
Je suis un orphelin de cœur,
insensible à votre malheur.

Saviez-vous
que rien ne peut me ranimer,
rien ne peut me ramener,
ni homme ni femme
pour me consoler ?
Je suis consacré,
mis à l’écart.
Vivre, c’est gémir,
profiter, c’est pourrir.
Le jour de ma naissance
me fait sourire —
je le pleure chaque soir.
Mais j’ai en moi
la chronique du pire,
la folie du désespoir.

Pourtant, je sens que des forces
grandissent en moi,
pour être prêt
au jour où Il reviendra.
Mais quelle souffrance
que de s’arracher
aux convenances,
aux pensées toutes faites,
renoncer à soi-même —
ce qui vous apporte
tant de confort.
Cette fausse tranquillité
vous fera mourir de peur
face à la vérité.

Toutes les femmes sans hommes
prennent des notes
pour prouver qu’elles ne sont pas sottes.
Elles oublient juste la liberté,
celle de leur propre pensée.
Elles n’ont pas confiance en elles,
malgré l’assurance qu’elles affichent.
Elles sont fragiles,
et leurs audaces les brisent.
Elles n’aiment pas la vérité :
trop de discussions
les ont empoisonnées.
Impossible pour elles de comprendre,
impossible pour elles de ne plus plaire.

vendredi 20 juin 2025

Les Lys Blancs

Les Lys Blancs




Il y avait, au milieu du champ,
un carré de lys blancs
entouré par des blés dorés,
gorgés d’un soleil brillant.
Les bruns dansaient au vent.

Mes yeux se réjouissaient,
et mon esprit s’étonnait :
ce carré parfait, dans ce champ,
était aussi droit que surprenant.

J’entrai donc dans le carré blanc.
Les épis de blé frémissaient.
J’arrivai au centre du champ,
et j’y étais du plus bel effet.

Les lys
dessinaient une frontière pure.
Tournant sur moi-même,
les cheveux au vent,
je caressai les pétales royaux,
ligne droite et angle droit,
avec un sourire d’enfant
et le sentiment
d’être enfin chez moi.

Quel songe étrange :
le ciel était bleu-vert,
aussi tendu qu’un écran.
Ce plafond de turquoise
m’enlevait toute pâleur,
à moi
qui n’étais jamais à l’heure.

Cependant, il y avait au loin
le mugissement d’une foule.
Leur ciel était de soufre rouge —
pas des pleurs, mais des hurlements.

Mon sourire ne disparaissait pas.
Dans le carré blanc,
il y avait la sagesse,
et, à ses côtés, le droit et la justice.
Si bien que je n’étais pas effrayé :
tout était juste et droit,
rempli d’intelligence et de sagesse.

C’est comme entendre
une chanson pour la première fois,
et être convaincu
de l’avoir déjà entendue —
comme si un refrain avait précédé la chanson.
Mais que vont devenir ceux là-bas ?

À cette pensée, les lys ont changé :
ils sont passés de blancs scintillants
à rouge sang, se flétrissant lentement.
Le vent dans mes cheveux devint plus ferme, plus soutenu.
Une force me quittait,
et une autre venait.

Le ciel s’assombrit pour se fendre de quelques éclairs,
aussi fins que des racines de potager,
des éclairs en forme de capillaires,
des cheveux de feu qui augmentaient.

Il n’y avait plus les cris lointains,
et le rouge crépuscule était noir —
une obscurité affamée
venue dévorer les égarés.
Mon carré, comme un fort de Vauban,
me gardait en lieu sûr. Et aussitôt,
il y eut un combat sur la terre et dans le ciel.

De mon point de vue, les ténèbres se dispersaient,
et elles furent toutes détruites.
Soudain, des parfums merveilleux et inconnus
se répandaient dans le carré,
où les lys étaient encore plus grands,
plus blancs et plus lumineux.
Ils se répandaient autour, dans le champ :
les blés, les épis, tout ce qui vivait
fut purifié et blanchi,
si bien que moi-même,
j’étais devenu comme les lys,
d’une blancheur purifiée par la sagesse et son maître.

Je n’avais aucun mérite,
et j’étais stupéfait.
Mais le Créateur de tout l’avait voulu ainsi.
Alors je compris enfin pourquoi ma vie
fut si insignifiante et privée de joie,
de consolation,
n’attendant plus rien de personne.

J’avais été façonné pour ce moment de grâce,
qui est message d’espoir
pour tous les affligés.

mercredi 11 juin 2025

Et si le désir...

 




Et si… le désir 

Un désir monte en moi et j'en suis tout étonné. Il ne vient pas de ma tête ni de mon cœur, mais de mon ventre. J'ai dans les entrailles un désir grandissant d'aimer et d'être aimé, pour me révéler tel que je suis, en prenant femme dans le mariage et en ayant des enfants de cette union miraculeuse. Comment trouverai-je la femme parfaite pour qui je serai l'homme parfait, tel que Dieu l'a voulu pour nous ?

Ce désir considérable, aux conséquences immenses et avec une prise de risque totale, n'était pas présent en moi il y a encore quelques semaines, même quelques jours, ni même depuis plusieurs années. J'avais des pensées éparpillées ; souvent, dans la rue, je voyais passer sous mon regard des femmes, des couples, ou des couples avec enfants, et comme je les enviais — alors qu'en moi je n'avais que de l'indifférence. Je pensais être pour toujours étranger à ces sentiments. Je me persuadais que mon indignité et ma vie piégée m'avaient exclu de cette réalité de l'amour et de la famille. Jamais je n'avais eu ces sentiments. Tandis que tout mon être s'effondrait dans une solitude amère, hurlant en mon âme, incapable de lui montrer autre chose que de la détresse.

Aujourd'hui j'ai une telle conviction, sans aucun fondement, que cela va arriver, que mes douleurs ont cessé. Comme si, enfermé dans l'hiver d'une vie glacée, j'apercevais enfin les premiers rayons du printemps, clairs et chaleureux, dans mon espérance blessée. Même écrire en ce moment les détails de cette étrange expérience me donne un réconfort incroyable.

Si je mets tout mon espoir dans cette prophétie, j'aurai beaucoup à souffrir si, de Paray-le-Monial, je revenais sans l'avoir trouvée. Pire encore : être passé près d'elle sans la reconnaître, incapable d'aimer. Est-il possible de la chercher ? Je ne crois pas. Je pense qu'il m'est nécessaire de continuer à abolir ma volonté et de mettre toute ma confiance dans la Providence — elle doit être mon seul guide pour réaliser ce désir. C'est elle qui la mettra sur mon chemin, ou pas.

Quand j'ose, quand j'ai l'audace de réaliser que cela est mon avenir, je suis transporté avec douceur vers une paix qui atténue mon anxiété, mon angoisse et l'inquiétude jumelle qui me tient en dessous de tout. C'est tellement bon que j'en ai le trac. Je ne sais rien en vérité, c'est ma prière. Mon Dieu est souverain, il exauce qui il veut, et cette étonnante prière me fait déjà beaucoup de bien — mais quelle est ta volonté, Seigneur ?

Alors je compte les jours, tout en sachant que de Paray-le-Monial je peux revenir toujours aussi seul, avec les mêmes problèmes, les mêmes tourments. C'est le mystère de ma vie. Mais comme j'aimerais la vivre, cette vie, avec quelqu'un pour qui je serais enfin moi-même, et être aimé pour cela — et faire d'elle la plus belle des femmes, la femme parfaite.

J'écris ces lignes dans l'espoir de ne pas faire d'erreur, mais ce sera un témoignage de la miséricorde de Dieu si ce miracle se réalise à Paray-le-Monial, du 16 au 25 août.

J'essaie de me souvenir comment ce désir s'est construit. Après avoir eu un grand dégoût de ma vie, avec une grande agitation intérieure, j'ai fini par abandonner le pourquoi, et je me suis dit que je devais faire confiance — mais je voulais une contrepartie. Seigneur, je te donne ma volonté, mais toi, agis dans ma vie. Si bien que je fais mon chapelet tous les soirs depuis plus d'un mois. Dans mes lectures du soir, je suis tombé sur David, Salomon, la Sagesse et Siracide 26,13, ce texte bouleversant sur la femme parfaite.

Il y a un mois, j'ai aussi dit au Seigneur : « Je détruis tout ce qui me rattache à Stéphanie », mon premier amour, qui avait envahi mon cœur et laissé une épine si profonde que j'ai mis 35 ans à m'en rendre compte et à la retirer, pour laisser mon cœur tout entier libre au commandement de mon Dieu. Et j'ignorais que cela allait faire monter en moi cette supplique de vouloir une femme et d'avoir des enfants — à la condition qu'elle soit la femme parfaite, c'est-à-dire prudente, dévote, douce, rieuse et intelligente, supérieure à moi socialement, ainsi que chaste et pudique, magnifique et féminine, faisant la joie de son mari, dont elle recevra aussi tout ce dont elle a besoin pour s'épanouir en femme parfaite — aux yeux bleus ou verts, brune ou blonde, heureuse de vivre et généreuse.

Ma promesse pour le Seigneur, c'est de la rencontrer grâce à lui et de rester chaste jusqu'au mariage, comme offrande d'obéissance et dans un consentement volontaire.

J'écris cela pour passer un contrat avec mon Seigneur : si telle est sa volonté et que j'ai son approbation, je veux être digne du miracle qu'il a prévu pour moi. Je présenterai ce texte à cette femme pour qu'elle voie ma bonne foi et que son cœur reçoive les réponses à ses doutes, si elle en avait.

Cependant, si j'ai ce désir et s'il est bien de Dieu, alors je suis convaincu qu'en ce moment elle a le même sentiment, avec la même disposition, et que sans nous connaître, nous sommes déjà ensemble sur le chemin que le Seigneur a tracé pour nous.

Espérons aussi que nous pourrons mettre à contribution tous nos talents pour être des serviteurs de la charité, que notre amour rayonne pour inspirer, et que ceux qui nous verront se disent : « Voilà un couple chrétien. » Que chaque matin nous nous disions : « Faisons d'aujourd'hui un jour meilleur qu'hier. »

Ensemble.

Amen

PFES


La Trinité

La Trinité C’est un carrefour bouillonnant, dans un sens, les voitures, dans un autre, les passants. Les gens se croisent et se mélangent, ...