jeudi 18 avril 2024

La détresse est folle


 

C’est une détresse sans pitié 

que de ressentir la peur au milieu du calme d’une journée 

comme les autres.


Elle prend au ventre, me donne des fourmis dans les lèvres, 

prémices d’épilepsie, un goût métallique dans la bouche, 

mes pieds le sont aussi, un allez retour électrique lancinant 

les rendent fébriles et instables.


Je n’ai plus confiance dans ma sensibilité, 

ce sentiment de déséquilibre permanent est usant à la longue, 

une sorte de tempête cachée se débat en moi et se moque de moi.


Je suis sur mes gardes, toujours sur la défensive, en alerte. 

Il n’y a pas de paix pour moi, 

je peux à peine saisir une tasse et la tenir 

tellement mes forces sont faibles.


Je dois supporter toutes ces misères sans aucun sens comme principale preuve d’existence, c’est ma détresse qui me dit : "tu es encore vivant".


Si j’étais un bonbon je n’en suis que le papier 

qui s’envole quand on l’a dégusté.


Je ne ressent aucune satisfaction, 

ma peur vient peut être de ce que j’attends et qui ne viendra jamais ?


Face à une agression on a le réflexe 

soit de l’attaque soit de la fuite mais moi je n’ai que celle de la peur.


Une peur qui est joyeuse de pouvoir dominer sur moi 

parce que je ne me défendrait pas, 

je n’attaquerait pas et je ne fuirais pas. 


Mon âme est dans le mortier du mur, écraser entre deux pierres brillamment taillées, poser l’une sur l’autre avec du mortier entre elles 

et c’est là que je suis, entre ces deux pierres qui finiront par me broyer, 

je n’y peux rien, je n’y suis rien.


Ce corps qui m’incombe est le moyen de m’atteindre, 

de me blesser encore il ne sert qu’à me desservir, 

à faire bouillir la dure froideur de mes sens contre ma raison, 

mon espoir, mes chances.


Un voyageur avançait sur son chemin, au début le ciel était claire, 

le soleil se levait bien haut avec sa chaleur, 

mais plus il avançait et plus les ténèbres recouvrir son ciel 

et il faisait de plus en plus froid, 

et il était de plus en plus seul, 

le vent sifflait en des sons étranges et effrayants, 

il ne voyait pas où il mettait les pieds, 

il continuait d’avancer mais de moins en moins vite, 

ce qui était "épreuve" augmentait 

et ce qui était "guérison" diminuait, 

alors il eu peur, il s’arrêta regarda autour de lui une dernière fois 

et il ne comprenais toujours pas 

mais tous ces sens lui disait : « au secours, sauves toi », 

que la détresse est folle, 

elle ronge, 

elle isole,  

comment sortir de ce piège ?

Ainsi ploie l'homme seul et sa détresse le laisse dans une folie cruelle.

mercredi 17 avril 2024

Ton amour pour moi


 

Ton amour pour moi 

me rends timide


J’ai le cœur au bord du vide

Cette angoisse me submerge 

et je perds tout contrôle sur qui je suis et ce que je fais.


Tu es bien plus grand qu’une montagne 

et moi bien plus petit qu’une souris.


Comment ne pas être impressionné, 

rien que de t’imaginer déjà je meurs.


Je perds mon souffle et ma poitrine se durcit, tu m’écrases.

Mais c’est mon fardeau qui est le plus lourd, 

tu m’enivres par ta présence mais tu me fais peur.


J’ai peur de moi mais bien plus de Toi.


Tout ce qui pèse sur moi n’est rien face à toi. 

Tu fais reposer sur moi un mystère qui rend gloire à ton nom, 

pourrais je un jour te rendre grâce pour cela?


Je suis timide, j’ai honte avant de te parler, 

je veux fuir alors que je te cherche, 

vivre est si pénible que je rêve de mourrir 

pour en faire un jour de fête avec de Toi.


Enfin ne plus souffrir. 


Ne plus te harceler de mes plaintes quotidiennes, 

Es tu lassé de m’entendre frapper à ta porte 

dans des gémissements perpétuels.


Oui je te crains, mon cœur redoute tes sentences 

par ce qu’elles sont justes et puissantes 

et pour moi tu es qui tu es 

et je serai qui tu veux 

mais pourquoi tarder, 

je souffre ton délai comme un condamné à mort ?


La patience me jette dans un coffre pour me dire :

"reste là et ne bouges pas". 


Je peux me débattre dans ce coffre il reste solidement fermé. 


L’heure n’est pas venu de lever le verrou : 


Par Dieu sa main levée 

mon âme émerveillé, 

sortir coffre fermé 

tout mon être 

enfin libéré.


Je n’ai pas de courage tu le vois bien, 

je ne suis pas le héros rêvé, 

le serviteur encouragé soutenu et consolé, 

en qui tu peux avoir confiance 


puisque si souvent je tombe 

et je m’écorche sous ton regard 

et c’est si long de cicatriser.


Je mords la poussière 

et cela me parait être une éternité.


Je suis timide et je vais l’être davantage, 

car plus je descends 

plus je vois à quel point tu es haut, si haut.


Si tu devais m’appeler j’hésiterai.

Qu’est ce que tu aimes en moi ?

Ta confiance en moi, je n'en ai pas autant pour moi même
ma vie n’a servi qu’à me dés-aimer.

Je suis trop effacé et trop faible 

je vais disparaître dans la banalité la plus ordinaire, 

et je me présenterai devant toi les mains vides.

Si rien ne m’est confié ma vie n’aura servi à rien. 

Et si tu me confies quelque chose où sera mon courage ? 

Aurais je l' audace de marcher avec Toi, d’un pas ferme et le coeur légé, le couple d' une montagne et d'une souris.


A te chercher on en sort pas indemne, 

mais osé ce qui s’impose 

pour se débarrasser des tristes causes, 

je suis timide de Toi 

parce que je suis sensible de Toi 

et le peu que j’ai, mon petit reste 

je te le donne volontié.




mardi 16 avril 2024

Si au désert tu m’avais cherché


 




Si au désert tu m’avais cherché 

C’est bien là que tu m’aurais trouvé

Là où le vent brûlant est si chaud

J’ai toutes ces brûlures sur ma peau

Je n’ai plus d’âge 

Je ne suis plus rien

Mais un heureux présage

Te prendre par la main

Mais Je suis en cage

Bien pire qu’un chien

Aujourd’hui et demain 

Vois ton visage et voit le mien

Pendant l’orage on suit le même chemin.

Mais Je serais sage 

il le faut bien

Tous les tords sont dans mes bagages

Tires au sort le désespoir

Des malheureux qui sortent le soir

Ils sont perdu et c’est dommage

Il y’a un tel vertige en moi

Un funambule n’y résisterait pas

C’est pire que la peur




La tour s’effondre


 



Comment se fait il que l’un meurt et l’autre pas ?

Quand un malheur arrive il s’abat sur vous et certains succombent et d’autres pas.

Fatalité, faute à pas de chance ?

Certains sont heureux d’autres pas, 

je fuis le bonheur comme une malédiction et le malheur s’occupe de moi.

Est ce que j’ai choisi ? 

Sous les décombres, les morts étaient ils si mauvais pour que les survivants culpabilisent ?

Il n’y a pas de connaissance sans mystère car c’est l’inconnu qui nous stimule avec tous ces risques et ces dangers mais son cri est : « liberté ».

C’est la liberté qui fait de la vie des montagnes russes, parfois on y est pour quelque chose et parfois on est parfaitement innocent.

Et c’est au cœur de la liberté que le péché veut s’attaquer, parce que la liberté est au cœur du mouvement de la vie quitte à en mourir.

Tout est plus léger que le fardeau que l’on s’impose parfois, tout simplement parce que le mouvement de la vie ne s’arrête pas mais il varie et cette variation souvent nous contrarie car on est pas synchronisé avec elle et on veut la forcer à aller selon notre désir, la contrôler, la diriger alors qu’elle est aussi sauvage que libre, cette liberté profonde.

Je suis libre donc et pourtant je ne fais rien, alors que ceux qui court partout sont esclave de leurs courses vides. Avec la liberté il faut parfois avancer en regardant en arrière car la liberté est justifié par ce que l’on en fait et impact ce que l’on fera. Des décisions ou des choix.

Alors pourquoi lors d’un accident certains meurt et d’autres pas ?

Chacun a pris des décisions et fait des choix librement et alors ils se dirigent vers une catastrophe dont ils ignorent tout.

C’est pour nous rappeler que la vie et la liberté sont extrêmement fragiles et que le malheur qui tombe sur certains est un témoignage pour les autres et leur rappeler ce qui est important et comment en prendre soin, et malgré ça tout est possible.

Le malheur est une occasion de réaffirmer ce qui est bon, de consoler ce qui est triste, de guérir ce qui est malade, de rebâtir ce qui a été détruit

Si nous n’avions pas ce sentiment dans le malheur nous ne ferions pas l’expérience de la compassion et nous ne pourrions pas nous élever quand la compassion donne son bien à nos cœurs imparfaits et incomplets si on veut bien en user.

Les pages sont des larmes, 

parfois peu parfois plus, 

mais les mots s’enchaînent 

et se versent goutte par goutte 

ou bien dans des torrents 

et ce qui en reste c’est l’amertume 

du soulagement sans guérison.

Quand vient le soir, la fin du jour capture mes dernières forces.

Encore une journée de perdue, 

pas de héros en vue, ma catastrophe, 

encore du temps perdu.

La Trinité

La Trinité C’est un carrefour bouillonnant, dans un sens, les voitures, dans un autre, les passants. Les gens se croisent et se mélangent, ...